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Enfants de la Creuse : la commission de réparation installée avant fin 2025

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Enfants de la Creuse : la commission de réparation installée avant fin 2025

Enfants dits de la Creuse : la commission chargée des "réparations" attendue avant la fin de l'année - Crédit Zinfos974 - Société


La commission d'experts chargée de préparer les mesures de réparation en faveur des enfants dits de la Creuse sera installée avant la fin de l'année. C'est ce qu'a indiqué la ministre des Outre-mer à la Fédération des Enfants Déracinés des DROM (FEDD), selon un communiqué de sa présidente, Marie-Germaine Valérie Périgogne.

Cette commission est prévue à l'article 1er de la loi adoptée définitivement le 17 juin par le Sénat, après un premier vote à l'unanimité de l'Assemblée nationale en janvier. Le texte, porté par la députée réunionnaise Karine Lebon, prévoit des mesures de reconnaissance mémorielle, de réparations collectives et des dispositions indemnitaires. Marie-Germaine Valérie Périgogne rappelle également que cette loi met en œuvre les recommandations formulées par le Conseil de l'Europe en janvier 2024 sur les mesures de réparation en faveur des victimes d'abus.

La future instance devra formuler des propositions concrètes sur l'ensemble de ces volets. Son installation marquera le début de la phase opérationnelle du dispositif.

La séance du 17 juin au Sénat avait réuni près de 80 personnes, dont 70 anciens mineurs réunionnais transplantés. « Cette séance, empreinte d'une profonde émotion, a été à la hauteur des attentes des victimes. Elle restera gravée dans nos mémoires », écrit Marie-Germaine Valérie Périgogne. La présidente de la FEDD remercie le président du Sénat Gérard Larcher et la sénatrice réunionnaise Viviane Malet, rapporteure du texte.

Plus de soixante ans après les premiers transferts de mineurs réunionnais vers la métropole, et plus d'une décennie après la reconnaissance de la responsabilité morale de l'État, la FEDD salue une étape importante dans la reconnaissance de ce pan douloureux de l'histoire. Pour la fédération, « cette victoire est avant tout celle de la solidarité » des anciens mineurs transplantés qui, selon sa présidente, « n'ont jamais cessé de porter leur histoire et de réclamer justice ».

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7 commentaires

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H
Hugo Saline les bains 27/06/2026 à 16:16

@PtiBatik, j'aime beaucoup ce que tu dis sur le tissu. Je venais de Nantes avant d'arriver ici, et là-bas on a aussi mis du temps à mettre des mots sur certaines pages de l'histoire liée à la traite. Ce que je trouve intéressant dans la démarche réunionnaise, c'est que la société civile, les associations comme la FEDD, ont vraiment tiré le texte vers le concret, avec des mesures indemnitaires précises. En Bretagne on en est encore souvent au stade symbolique. La commission qui s'installe, ça c'est un vrai engagement opérationnel, pas juste une déclaration de principe.

R
Rafiki 27/06/2026 à 16:10

Quand j'emmène des randonneurs dans les cirques, il m'arrive de parler de l'histoire du péi-la, des cicatrices qu'on ne voit pas dans les paysages mais qui sont là. Cette loi, c'est comme retrouver un sentier qu'on croyait perdu. Ces anciens mineurs portent une mémoire que même les plus beaux panoramas de Mafate ne peuvent pas effacer.

P
PtiBatik 27/06/2026 à 15:25

Dans mon atelier j'ai un tissu que j'avais teint aux couleurs de La Réunion le jour où la loi a été votée à l'Assemblée, sans trop y croire encore. Là, avec la commission qui se met en place, je me dis que cette histoire va enfin pouvoir être brodée dans la mémoire collective du péi, pas juste chuchotée dans les familles. Ces gens portaient quelque chose d'invisible depuis des décennies. Que ça devienne visible, officiellement, c'est un peu comme quand une couleur qu'on croyait passée reprend toute son intensité.

P
Patrick974 27/06/2026 à 14:23

La question que je me pose après la lecture de l'article, c'est la suivante : comment va-t-on calibrer les indemnisations individuelles, sachant que les situations vécues par ces anciens mineurs sont extrêmement hétérogènes ? Entre un enfant placé dans une famille d'accueil correcte et un autre qui a subi des conditions indignes, la fourchette de réparation juste peut aller du simple au décuple. La commission aura un travail d'évaluation colossal, et on peut espérer qu'elle intègre des juristes spécialisés en dommages moraux, pas seulement des experts mémoriaux. C'est là que beaucoup de dispositifs similaires ont achoppé, en France comme ailleurs.

T
Tom Bib 27/06/2026 à 13:14

Ce moment au Sénat avec 70 anciens mineurs réunionnais dans la salle, ça rappelle ces scènes que Françoise Vergès a décrites dans ses travaux sur la mémoire coloniale de La Réunion, quand les invisibles deviennent enfin visibles aux yeux de l'institution. La reconnaissance mémorielle, c'est une chose. Les mesures indemnitaires concrètes, c'en est une autre, et l'histoire nous montre que le chemin entre les deux est long. J'espère sincèrement que cette commission ne sera pas une énième chambre d'enregistrement. Il reste à écrire le chapitre le plus difficile.

M
Marie 27/06/2026 à 13:08

Une victoire arrachée par des gens qui n'ont rien lâché. Respect total.

L
Lastron-Leïla 27/06/2026 à 13:04

Plus de soixante ans pour en arriver là, c'est vertigineux. Je pense souvent aux familles qui ont attendu toute une vie sans jamais voir ça aboutir. Contente que la loi Karine Lebon soit enfin passée, mais maintenant il faut vraiment surveiller que cette commission se mette en place dans les délais annoncés, parce que les promesses et le concret, lé pa fasil de réconcilier les deux côté politique.