Le 30 juin 1993, Lucet Langenier mourait à l'âge de 50 ans. Trente-trois ans plus tard, Maurice Gironcel a publié, au nom du Parti communiste réunionnais, un communiqué à l'occasion de cet anniversaire.
Dans ce texte, le responsable communiste décrit Lucet Langenier comme un militant entièrement tourné vers les habitants les plus modestes de Sainte-Suzanne, le développement de la commune et l'amélioration des conditions de vie locales. Il insiste sur une conception collective du combat politique : pour lui, Langenier ne voyait pas l'engagement comme une trajectoire personnelle, mais comme un service rendu à une population.
Maurice Gironcel se pose en continuateur de ce travail. Il affirme avoir poursuivi, durant toutes ces années, ce que son « camarade » avait engagé à Sainte-Suzanne. L'hommage s'adresse aussi aux militants qui ont vécu cette période et qui, selon lui, en gardent encore la mémoire.
Le communiqué prend rapidement une tournure plus contemporaine. Gironcel fait le lien entre cet anniversaire et la situation de militants ou salariés convoqués ces derniers jours, avec, selon ses mots, la menace de perdre leur emploi. Il leur adresse un message de soutien en créole : « Tienbo, ansamb ! »
Le responsable communiste dénonce ce qu'il appelle la peur et la répression, et affirme vouloir rester aux côtés de ceux qui défendent leurs droits. La figure de Lucet Langenier lui sert ainsi de référence pour ancrer un discours sur les luttes sociales actuelles dans une histoire militante locale.


8 commentaires
Les noms finissent par s'effacer, même ceux qu'on pensait inoubliables. C'est bien de les rappeler, même si la mémoire sert parfois d'autres intentions.
À la coopérative on a aussi nos figures, des anciens qui ont défriché avant nous. On les cite, on s'en inspire, c'est normal. Mais on ne mélange pas la cérémonie du souvenir avec les tensions de la semaine, sinon l'hommage perd son poids.
Je fais mes tournées à Saint-Pierre et parfois mes patients âgés me parlent d'élus qu'ils ont connus, des gens qui venaient vraiment les voir chez eux. C'est rare et ça compte. Mais le passage de l'hommage au soutien aux salariés menacés dans le même communiqué, j'avoue que ça m'a un peu perturbée à la lecture, on perd le fil de ce qu'on voulait dire.
La politique réunionnaise et ses commémorations... On est en 2026, y'a des gens qui galèrent à payer leur loyer au Port, à Saint-Leu, partout, et on nous sort un texte sur 1993. J'espère que le soutien de Gironcel aux salariés menacés ira plus loin qu'un communiqué.
Moi j'ai connu des anciens de Sainte-Suzanne qui parlaient de Langenier, c'était quelqu'un de terrain parait-il. Mais bon, récupérer la mémoire d'un défunt pour parler des problèmes du moment, ça lé pa fasil à avaler. On fait l'hommage ou on fait le communiqué syndical, faut choisir. Les deux ensemble ça donne un goût bizarre.
Se souvenir de ceux qui ont oeuvré pour les gens modestes, ça mérite le respect. Peu importe la couleur politique.
Franchement ça parle de 1993, autant dire la préhistoire pour moi, mais le lien qu'il fait avec les salariés convoqués aujourd'hui c'est là où ça devient concret. Le reste c'est surtout du storytelling politique classique.
C'est intéressant de voir comment Gironcel utilise cet anniversaire pour parler de l'actualité sociale. La communication politique locale a quand même un vrai sens du timing. Mais j'aurais aimé qu'on en sache plus sur qui était réellement Langenier au-delà du portrait militant, pour les jeunes qui ne connaissent pas cette période.