Le député Frédéric Maillot a vivement réagi à la nomination de Jean-Xavier Bello à la direction de la CGSS de La Réunion, dénonçant une décision imposée selon lui au mépris du vote du conseil d'administration.
D'après les chiffres avancés par l'élu, le conseil d'administration a voté à 14 voix contre et 9 voix pour la candidature de Jean-Xavier Bello. La nomination a pourtant été validée : le règlement exige une opposition des deux tiers des membres pour la bloquer, un seuil qui n'a pas été atteint. Frédéric Maillot relève par ailleurs que le conseil n'aurait eu à se prononcer que sur un seul candidat.
Le député indique qu'il avait anticipé la situation. Quelques jours avant la décision, il avait écrit au président du conseil d'administration pour l'alerter sur les enjeux du recrutement et plaider pour qu'un profil réunionnais puisse accéder au poste.
Au-delà de la procédure, Frédéric Maillot conteste le bilan de Jean-Xavier Bello à la tête de la CGSS de Guyane, affirmant que des organisations syndicales y ont relevé des difficultés de pilotage et de dialogue social.
Sa prise de position s'inscrit dans un débat récurrent sur l'accès des cadres réunionnais aux postes de direction dans les grandes administrations et organismes publics de l'île. Il estime que La Réunion ne doit pas servir de simple territoire d'affectation pour des responsables désignés depuis Paris, dès lors que des compétences locales sont disponibles. Frédéric Maillot annonce vouloir déposer une proposition de loi pour faire évoluer les règles de nomination en tenant davantage compte des profils locaux qualifiés.


9 commentaires
@Rafiki, ta question sur le délai de la prop de loi est exactement celle que je me pose. En e-commerce on sait que le temps de mise sur le marché, ça peut tout changer. Là c'est pareil : si la loi met 3 ans à passer, combien de postes clés auront encore été pourvus sans tenir compte des profils locaux ? Le vrai sujet c'est de pas attendre la loi pour changer les pratiques en amont.
@Kelly, tu touches quelque chose d'important. Ce que tu décris en RH, on le vit aussi dans les structures qui gèrent nos espaces marins ici. Quand un responsable débarque sans connaître le territoire, sans savoir ce que c'est que de travailler avec les clubs, les pêcheurs, les associations de protection du lagon, ça se ressent immédiatement sur le terrain. La confiance ne se décrète pas, elle se construit sur la durée, et ça demande d'être là, vraiment là. Si les syndicats guyanais ont déjà remonté des difficultés de dialogue, la question mérite au moins d'être posée sérieusement avant toute prise de poste.
Ce débat sur les nominations venues de Paris, ça fait des décennies qu'on l'entend dans le péi-la. Ce qui change peut-être, c'est qu'aujourd'hui il y a des élus qui mettent les chiffres sur la table.
@PtiBatik, tu as mis le doigt dessus, et c'est exactement ce qu'on vivait nous au port dans les années 90. Les décisions tombaient de Paris, les noms qu'on nous imposait à la tête des structures portuaires, on n'avait pas voix au chapitre. 14 voix contre, 9 pour, et la nomination passe quand même, c'est ça le dialogue social selon eux. Un conseil d'administration c'est pas du décor, c'est des gens qui représentent quelque chose. Quand on leur donne un seul candidat à avaliser, c'est pas une consultation, c'est une chambre d'enregistrement.
C'est curieux, dans mon monde on dit souvent que celui qui sème doit aussi récolter. Pour diriger une grosse structure dans le péi-la, faudrait au moins connaître le terrain, les gens, les réalités d'ici. Je ne connais pas ce monsieur Bello, peut-être qu'il est compétent, mais un candidat unique soumis au vote c'est pas vraiment un choix, ça.
La règle des deux tiers pour bloquer une nomination est un seuil qui existe dans beaucoup d'instances paritaires, elle n'est pas propre à la CGSS. Ce qu'on peut questionner en revanche, c'est le fait de ne soumettre qu'un seul profil au vote : ça réduit considérablement la portée réelle de la délibération. Sur le fond du débat concernant l'accès des cadres locaux aux postes de direction, la question est légitime et mérite un traitement sérieux, au-delà des postures.
Proposition de loi, c'est bien, mais combien de temps ça prend avant que ça change quelque chose concrètement ?
Ce point sur le dialogue social en Guyane m'interpelle vraiment. En RH on sait ce que ça coûte, un manager qui n'arrive pas à créer la confiance avec les équipes. Ça prend des années à reconstruire, parfois ça ne se reconstruit pas du tout. Nommer quelqu'un sur un poste aussi sensible sans que le conseil soit vraiment consulté, c'est partir avec un handicap dès le départ.
Ce qui me touche dans ce débat, c'est exactement la même chose qu'on vit dans l'artisanat : on a les compétences ici, on a les gens, et pourtant on regarde des décisions tomber d'en haut sans qu'on nous demande vraiment notre avis. 14 contre et 9 pour, et ça passe quand même, ça dit tout sur le rapport de force. Le péi mérite mieux que ça.