Le 5e Plan régional santé au travail (PRST) 2026-2030 a été validé à l'unanimité mardi 30 juin, lors du comité régional d'orientation des conditions de travail présidé par Richard Smith, secrétaire général de la préfecture. Il fixe les priorités de prévention des risques professionnels pour les cinq prochaines années.
Le plan part d'un état des lieux chiffré. En 2024, La Réunion a enregistré 6 650 accidents du travail et 958 accidents de trajet. L'indice de fréquence atteint 29,9 accidents pour 1 000 salariés, au-dessus de la moyenne nationale.
Le PRST 2026-2030 s'organise autour de trois axes : renforcer la culture de prévention, agir sur les principaux risques professionnels, et concentrer les efforts sur les secteurs les plus exposés. Le BTP, le médico-social, les particuliers employeurs et le travail temporaire sont expressément ciblés.


8 commentaires
Les accidents de trajet, 958 en 2024, ça représente quoi comme coût indirect pour les entreprises ? Dans la logistique portuaire on sait très bien que l'absentéisme post-accident c'est aussi douloureux que l'accident lui-même pour une TPE.
@Jean-Marc, le problème des sous-traitants tu mets le doigt dessus. Dans le BTP on a exactement la même fracture entre les titulaires de marchés qui ont des process bien rôdés et les petites structures qui interviennent en phase chantier sans aucune culture de prévention. J'ai vu des opérations de réhabilitation patrimoniale à Saint-Denis où les conditions de travail en hauteur faisaient froid dans le dos, et personne ne pipait mot parce que les délais primaient sur tout le reste. Un plan c'est bien, mais si le maître d'ouvrage ne porte pas la sécurité dès la phase programme, ça restera du papier.
Je vois pas trop le rapport avec mon secteur au premier abord, mais en y réfléchissant, le travail temporaire qu'ils citent dans le plan, c'est exactement ce qu'on vit dans le tourisme côtier. Les saisonniers qui débarquent pour l'été austral, on les forme vite fait et hop, ils sont en mer. Un accident sur un bateau de plongée c'est une autre histoire qu'un accident sur un chantier, les secours mettent plus de temps à arriver. Si ce plan peut tirer vers le haut les pratiques dans les activités nautiques, ça m'intéresse vraiment de savoir comment on sera associés à la démarche.
@Bichik, je comprends le scepticisme, mais il faut quand même distinguer les plans qui se succèdent à l'identique et ceux qui intègrent un bilan chiffré du précédent. Ici, le fait de partir d'un indice de fréquence précis, 29,9 pour 1 000 salariés, avec la comparaison nationale, c'est déjà plus sérieux méthodologiquement que ce qu'on voyait il y a dix ans. Le problème reste effectivement l'évaluation en cours de plan, pas la validation initiale.
On fait des plans depuis des années, le chiffre des accidents lui bouge peu.
Le BTP encore dans le viseur, normal on est toujours en tête des statistiques. Mais honnêtement, dans ma boite on fait les formations, on achète les EPI, on fait les causeries sécurité le lundi matin. Le problème c'est les sous-traitants qui débarquent sur chantier avec des gars qui n'ont jamais vu une fiche de poste. Un plan c'est bien, des contrôles sur qui envoie réellement quoi sur le terrain ce serait mieux.
Les particuliers employeurs sont ciblés dans le plan, ça m'interpelle. Y'a combien de gens sur l'île qui emploient une aide à domicile sans vraiment savoir ce qu'ils risquent côté accidents ? Moi je connais des tata qui travaillent comme ça depuis des années, et la prévention c'est pas vraiment le sujet de conversation avec leurs employeurs. Bon courage à ceux qui vont aller expliquer ça sur le terrain, lé pa fasil.
Un plan validé à l'unanimité, c'est souvent bon signe sur la méthode, mais la vraie question reste le financement et le pilotage dans la durée. On a déjà eu des plans régionaux qui s'essoufflaient à mi-parcours faute de portage institutionnel sérieux. 29,9 accidents pour 1 000 salariés au-dessus de la moyenne nationale, ça a forcément un coût économique chiffrable en arrêts de travail, en perte de productivité, en cotisations. Est-ce que l'article va revenir sur les moyens budgétaires concrets alloués à ce PRST, ou on reste sur la déclaration d'intentions ?