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Comores : les carburants flambent, le gouvernement promet huit mesures

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Comores : les carburants flambent, le gouvernement promet huit mesures

Comores : Hausse du prix des produits pétroliers et huit mesures d’accompagnement


Le gouvernement comorien a annoncé samedi 9 mai une hausse brutale des prix des carburants. L'essence passe de 750 à 1 000 francs comoriens (2 euros), soit une augmentation de 33 %. Le gasoil grimpe de 46 %, de 650 à 950 francs (1,93 euro). Le pétrole lampant, très répandu pour la cuisson dans l'archipel, augmente de 28 %, passant de 350 à 450 francs (0,91 euro).

Les autorités invoquent la flambée du baril de Brent, passé de 72,87 dollars le 28 février à 101,29 dollars le 9 mai, sous l'effet de la guerre au Moyen-Orient. « Jusqu'à ce jour, le Gouvernement a mobilisé tous les leviers possibles pour retarder au maximum l'ajustement des prix des produits des hydrocarbures, espérant une accalmie de la situation internationale », avait déclaré le président Azali Assoumani dans un discours à la Nation le 5 mai. Il avait alors promis des mesures d'accompagnement pour « protéger les ménages les plus vulnérables ».

Ces mesures ont été détaillées samedi par le secrétaire général du gouvernement, Nour El Fath Azali, dans une tribune publiée dans le journal d'État Al-watwan. Au programme : une réduction de 40 % des droits de douane sur les produits de première nécessité — riz, farine, sucre, huiles alimentaires, volailles, viandes et médicaments — pendant trois mois, pour un coût estimé à 0,7 milliard de francs comoriens. L'État prévoit aussi de subventionner les achats de carburant de la SONELEC, la société d'électricité, afin de stabiliser le prix du kilowattheure. Les boulangers bénéficieront d'un soutien pour éviter une hausse du prix de la baguette.

Le volet social sera également renforcé. Le projet Filets sociaux passera de 40 000 à 60 000 ménages vulnérables, pour un montant total compris entre 3 et 3,2 milliards de francs comoriens. Nour El Fath Azali a précisé que l'État devra absorber un manque à gagner de plus de trois milliards de francs par cargaison pour que la Société comorienne des hydrocarbures (SCH) continue d'approvisionner les îles.

Quatre mesures visent à réduire le train de vie de l'État. Les indemnités des hauts responsables et dirigeants des sociétés publiques seront amputées de 50 %. Les dotations en carburant des ministres et des cadres de l'administration seront revues à la baisse. Les déplacements à l'étranger des autorités seront strictement encadrés, tout comme les cérémonies et événements gouvernementaux. Par ailleurs, le ministre des Transports terrestres a annoncé une hausse pouvant atteindre 25 % des tarifs du transport en commun — une décision qui a suscité une vive opposition au sein du principal syndicat des transporteurs, Usukani wa Masiwa.

Si une partie de l'opinion juge ces mesures inévitables, nombreux sont ceux qui réclament un dispositif plus concret pour que ces annonces se traduisent réellement sur le terrain, dans un contexte où l'inflation pèse déjà lourd sur les ménages.

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