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À La Réunion, l'énergie et les transports tirent l'inflation vers le haut

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À La Réunion, l'énergie et les transports tirent l'inflation vers le haut

Carburant, billets d'avion, services… Qu'est-ce qui coûte vraiment plus cher aux Réunionnais ? - Crédit Zinfos974 - Société


En mai, les prix à la consommation ont progressé de 0,3 % sur un mois à La Réunion, après une hausse de 1,7 % en avril. Sur un an, l'inflation s'établit à 1,5 %, soit bien en deçà des 2,4 % enregistrés dans l'Hexagone, selon les données publiées par l'INSEE.

Ce chiffre global cache des écarts considérables selon les postes de dépenses. L'énergie affiche une hausse de 25,4 % sur douze mois. Les produits pétroliers seuls ont bondi de près de 40 % sur la même période. En mai, le litre de gazole a encore pris six centimes, quand le supercarburant reculait légèrement de trois centimes.

Les transports ont aussi pesé lourd ce mois-ci. Les services de transport ont progressé de 12,9 % en un seul mois, portés principalement par le transport aérien, dont les tarifs montent à l'approche des périodes de forte demande. Sur un an, ces services affichent une progression de 15,6 %. Les services en général ont augmenté de 0,4 % en mai, télécommunications et prestations diverses comprises.

Du côté de l'alimentation, la tendance est inverse. Les prix ont reculé de 0,3 % sur un mois et de 2,8 % sur un an, à rebours de ce qui s'observe en métropole. Ce recul tient largement à la chute des prix des produits frais — fruits, légumes et poissons frais — qui ont diminué de 18,9 % sur un an. L'explication est mécanique : à la même période l'an dernier, le cyclone Garance avait fortement perturbé les filières de production et d'approvisionnement, faisant grimper les prix.

Les produits manufacturés restent globalement stables, avec même une légère baisse de 0,7 % sur un an. Les produits de santé poursuivent leur recul, tandis que les vêtements et chaussures progressent légèrement. Le tabac repart à la hausse : 0,5 % en mai, 2,5 % sur un an.

L'inflation réunionnaise reste donc inférieure à la moyenne nationale, mais cette modération repose avant tout sur le repli des prix alimentaires. Sur les postes dont les ménages ne peuvent s'affranchir — énergie, transport, services — la pression reste forte.

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8 commentaires

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A
Alex 25/06/2026 à 11:43

@Jean-Marc, sur les 40 % de hausse des produits pétroliers, j'aimerais bien savoir sur quelle base de comparaison l'INSEE calcule ça exactement, parce que si la période de référence c'est mai 2024 juste après le cyclone Garance, l'effet base joue énormément et le chiffre peut être trompeur. C'est le même biais qu'on signale pour l'alimentaire dans l'article, non ? Pourquoi l'énergie y échapperait ?

K
Kelly 25/06/2026 à 11:21

Ce que ces chiffres ne montrent pas, c'est la pression que ça met sur les négociations salariales en interne. Quand un salarié voit son plein de carburant augmenter autant chaque mois, il attend une réponse de l'employeur, et c'est normal. Dans notre PME on a dû revoir les indemnités kilométriques deux fois cette année, et même ça c'est pas suffisant pour ceux qui habitent loin de La Possession. L'inflation à 1,5 % en global ça rassure sur le papier, mais ça correspond pas du tout au ressenti des équipes.

J
JeanFrak 25/06/2026 à 10:50

@David, c'est vrai pour les touristes, mais c'est aussi vrai pour les architectes qui font venir des clients depuis la métropole pour des projets de réhabilitation. Quand le billet d'avion flambe, les réunions de chantier en présentiel deviennent un luxe. Ce que je trouve paradoxal, c'est qu'on encourage la valorisation du patrimoine bâti réunionnais d'un côté, et de l'autre on rend l'accessibilité à l'île de plus en plus coûteuse pour ceux qui pourraient y investir.

Z
Zoubi 25/06/2026 à 10:33

Mes clientes me demandent souvent pourquoi j'ai ajusté mes tarifs de déplacement, et honnêtement je sais pas toujours comment expliquer sans que ça fasse bizarre. Là avec l'article je vais juste leur montrer le chiffre sur le carburant, ça sera plus simple que moi qui bafouille.

M
Maéva 25/06/2026 à 09:25

@Jean-Marc, les frais de transport c'est exactement le sujet que j'ai dû gérer côté logistique cette année. Pour mes expéditions de cosmétiques depuis Saint-André, la moindre variation sur le carburant se répercute sur les coûts de livraison, et ça ronge la marge directement. Ce qui me préoccupe surtout c'est le transport aérien : une grosse partie de mes clientes métropole commandent en espérant une livraison rapide, et si les tarifs fret continuent sur cette trajectoire, je vais devoir revoir toute ma structure tarifaire. Le fait que l'alimentaire baisse ne change pas grand chose pour mon activité, c'est l'énergie et le transport qui mangent tout.

D
David 25/06/2026 à 08:13

Les tarifs aériens qui grimpent de 15,6 % sur un an, les touristes ils le sentent avant même d'arriver sur le lagon. Après on s'étonne que certains préfèrent aller à Maurice.

J
Jean-Marc 25/06/2026 à 08:06

40 % sur les produits pétroliers sur un an, ça me fait mal aux yeux. Mes camions tournent au gazole, mes fournisseurs livrent au gazole, et mes clients ils comprennent pas pourquoi le devis a augmenté depuis l'an dernier. C'est lé pa fasil d'expliquer ça à chaque fois.

V
Vavangue 25/06/2026 à 08:04

Ce qui m'interpelle dans ces chiffres, c'est le fossé entre l'énergie qui flambe et l'alimentaire qui baisse grâce à l'effet Garance. Chez moi à Saint-Joseph, mes ruches ont souffert cette année avec les variations de floraison, et pourtant les prix du miel local restent stables parce qu'on joue le circuit court. Mais pour transporter mes pots sur les marchés, le carburant il repart à la hausse, et ça mange direct dans la marge. C'est ça la réalité du producteur local que l'INSEE ne voit pas dans ses colonnes.