Le Conseil de prud'hommes de Saint-Denis a condamné La Poste dans deux affaires pour des retenues sur salaire illégales. Les magistrats ont sanctionné l'entreprise qui avait prélevé des sommes au-delà des jours de grève effectifs.
Les dossiers concernent deux agents syndicalistes de Sud PTT qui avaient fait grève un samedi. La Poste avait retenu non seulement cette journée, mais aussi le dimanche suivant. Les juges du 27 mars 2026 ont qualifié cette extension de « sanction pécuniaire illicite ».
Cette méthode de calcul a eu un effet « dissuasif et discriminatoire » sur les salariés, estime le Conseil de prud'hommes. Les magistrats considèrent que ces retenues ont entravé la capacité des agents à faire grève librement. Le syndicat SUD Poste Réunion reçoit 1 000 euros de dommages et intérêts pour atteinte à l'intérêt collectif.
La Poste invoquait les contraintes d'organisation du travail et la continuité du service. Les juges ont rejeté cet argument : ces considérations ne justifient pas des prélèvements sur des jours sans grève.
Les condamnations financières atteignent 2 534,94 euros et 2 031,10 euros, avec rappels de salaire, congés payés et dommages et intérêts. L'entreprise doit aussi fournir des bulletins de salaire rectifiés sous astreinte. Ces décisions sont immédiatement exécutoires, même en cas d'appel.
Le syndicat rappelle avoir déjà obtenu des décisions comparables sur des retenues dépassant les seuls jours de grève. Cette répétition révèle une méthode qui peut durablement entraver l'exercice du droit de grève, notent les prud'hommes.


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