Le tribunal mixte de commerce de Saint-Denis a prononcé la liquidation judiciaire du groupe Case à Pains le 19 décembre, malgré une activité qui tournait encore et des projets de reprise. Les juges ont tranché en raison d'une trésorerie dans le rouge, d'engagements financiers non tenus et de l'absence de plan de redressement viable.
Olivier Lévy, président du groupe L2D et propriétaire de l'enseigne, conteste cette décision. Il estime que l'entreprise pouvait encore s'en sortir et dénonce une liquidation qui torpille un projet de reprise qu'il juge solide. Le tribunal a pourtant conclu que la situation financière du groupe ne permettait plus de poursuivre l'activité. Case à Pains restait un poids lourd de la boulangerie-pâtisserie-traiteur à La Réunion, avec 170 salariés.
Les magistrats ont relevé plusieurs éléments qui ont motivé leur choix. La trésorerie de Case à Pains battait de l'aile depuis longtemps, avec une impasse évaluée à environ 163 000 euros fin 2025 et des dettes sociales et fiscales qui dépassaient 540 000 euros. Malgré un chiffre d'affaires de plus de 16 millions d'euros, les marges ne suffisaient pas à couvrir un passif total de près de 19,5 millions d'euros.
L'absence d'apport de trésorerie du dirigeant a aussi joué. Olivier Lévy avait bien manifesté sa volonté d'injecter des fonds, mais le tribunal a constaté qu'aucun apport n'avait été effectué. Cette situation a compliqué la poursuite de l'activité et fermé la porte à des solutions de reprise.
Les juges ont par ailleurs relevé des incohérences entre les chiffres avancés par la direction et ceux de l'administrateur judiciaire, ce qui a semé le doute sur la fiabilité des données. Le tribunal a aussi épinglé des dysfonctionnements dans la gouvernance du groupe, notamment des interventions non autorisées d'un dirigeant associé dans la gestion au quotidien, qui ont fragilisé encore plus la situation.
Plusieurs offres de reprise avaient été évoquées, mais aucune ne paraissait assez solide au moment de la décision. Le tribunal a également réfuté l'affirmation du dirigeant selon laquelle la situation justifiait une demande d'arrêt d'activité.
Le désistement d'appel du dirigeant contre le jugement de septembre 2025 a scellé la liquidation définitive et entraîné l'arrêt de l'activité. Olivier Lévy maintient son désaccord et affirme que la liquidation ne vient pas d'un manque de travail, mais de dysfonctionnements dans les procédures. Le tribunal a justifié sa décision par la nécessité de protéger les droits des salariés via l'AGS.


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