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Crowdaa, la start-up réunionnaise no-code, en liquidation judiciaire

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Crowdaa, la start-up réunionnaise no-code, en liquidation judiciaire

Dix ans d’aventure et une liquidation judiciaire : la start-up réunionnaise Crowdaa baisse le rideau - Crédit Zinfos974 - Société


Le tribunal de commerce de Saint-Pierre a prononcé la liquidation judiciaire simplifiée de Crowdaa le 27 mars 2026. Dix ans après sa création, la start-up réunionnaise spécialisée dans la conception d'applications mobiles sans code tire définitivement le rideau. Son fondateur, Vigile Hoareau, a annoncé la nouvelle publiquement quelques semaines plus tard, évoquant « un moment difficile » désormais « derrière » lui.

Crowdaa reposait sur une promesse claire : offrir à des non-développeurs — associations, artistes, clubs, organisations — la possibilité de créer leurs propres applications iOS et Android via une interface glisser-déposer, sans la moindre compétence technique. Ce positionnement dans le no-code lui avait valu une notoriété bien au-delà de La Réunion.

En 2024, le média américain TechCrunch consacrait un portrait à l'entreprise et à ses deux fondateurs. Vigile Hoareau, présenté comme musicien, psychologue cognitif et développeur, y apparaissait aux côtés de Jimmy Thomas, producteur de rap américain ayant collaboré avec Tupac et Motown Records. La start-up y défendait une vision centrée sur la souveraineté des créateurs : « Ils possèdent les données, le contenu, les utilisateurs. Ils décident comment monétiser », déclarait Hoareau. Quelques mois auparavant, un tour de table mené par le fonds Apicap, avec la participation de Tremplin Capital et Teampact Ventures, avait permis de lever 1,2 million d'euros.

Début janvier 2026, Crowdaa figurait encore parmi les start-up réunionnaises présentes au CES de Las Vegas, avec le soutien de Business France et de la French Tech La Réunion. L'entreprise y annonçait le lancement d'une application développée pour l'artiste américain Florida, dans l'optique d'accélérer sa percée sur le marché américain.

Derrière cette visibilité internationale, la situation financière s'était pourtant détériorée. Selon Vigile Hoareau, la société affichait en 2023 un équilibre financier et une trajectoire de croissance. Un accord de levée de fonds avait été conclu, mais la seconde tranche n'aurait jamais été versée. « La seconde tranche prévue n'est jamais arrivée, à la suite des difficultés rencontrées par notre partenaire. Dans ces conditions, il n'a pas été possible de rééquilibrer le plan de financement », écrit-il. Le fondateur pointe aussi les obstacles structurels auxquels se heurtent les entrepreneurs ultramarins face aux investisseurs de l'Hexagone — un frein qu'il avait déjà mentionné auprès de TechCrunch, relevant la difficulté à capter l'attention de financeurs métropolitains depuis un territoire d'outre-mer.

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9 commentaires

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F
Fifi430 18/05/2026 à 10:09

Un point de précision utile : la liquidation judiciaire simplifiée, comme prononcée ici, est une procédure réservée aux entreprises sans actif immobilier et avec un nombre de salariés limité. Elle est en principe plus rapide qu'une liquidation classique. Ce n'est pas un détail anodin, ça dit aussi quelque chose sur la structure de la société au moment de la clôture.

J
Jean-Marc 18/05/2026 à 09:38

Moi j'ai jamais compris ces montages où la deuxième tranche dépend de conditions que t'as pas toi-même en main. Dans le bâtiment on appellerait ça signer un contrat avec un acompte et attendre que le client revienne pour le reste. Des fois il revient, des fois non. Là t'as organisé tout ton chantier sur une promesse. C'est risqué.

P
PépéBassin 18/05/2026 à 09:09

@Marie, wi, du courage il en a eu. Ça me fait penser à ces saisons où la mer donne rien, après des mois à préparer les filets. Tu peux pas tout prévoir, y'a des choses qui t'échappent. Ce qui compte c'est ce qu'on fait après, et apparemment ce monsieur il repart. Ça, ça mérite le respect.

M
Mémé Marthe 18/05/2026 à 08:54

Mon défunt mari disait toujours que quand quelqu'un de loin te promet quelque chose, attends qu'il soit arrivé avant de faire tes plans.

H
Hugo Saline les bains 18/05/2026 à 08:23

Ce biais contre les territoires ultramarins face aux investisseurs parisiens, j'en ai entendu parler aussi côté Martinique et Guyane. Même des boîtes bretonnes ou nantaises témoignent de la difficulté à capter l'attention des fonds de la capitale quand on n'est pas dans le bon réseau. Mais depuis un DOM, la distance est encore plus rédhibitoire, c'est presque structurel. Ce que Vigile Hoareau décrit n'est pas un cas isolé, c'est un vrai problème de géographie du capital en France.

L
Lastron-Leïla 18/05/2026 à 08:01

Ce que j'aurais voulu savoir, c'est comment ils géraient leur communauté d'utilisateurs pendant tout ça. Parce que des associations, des artistes, des clubs qui avaient bâti leur appli sur Crowdaa, ils font quoi maintenant ? On parle beaucoup du fondateur, et c'est mérité, mais les utilisateurs finaux dans cette histoire ils disparaissent un peu du récit.

M
Marie 18/05/2026 à 07:47

Courage à Vigile Hoareau, relever la tête après dix ans de travail et annoncer ça publiquement, lé pa fasil.

P
Patrick974 18/05/2026 à 07:37

La seconde tranche de financement qui ne tombe pas, c'est malheureusement un classique dans les montages en tranches conditionnelles. On signe, on annonce, et on bâtit un plan opérationnel sur une somme qui n'est pas encore dans les comptes. La question que je pose : y avait-il des conditions suspensives clairement définies, et si oui, ont-elles pu être contestées ? Par ailleurs, 1,2 million d'euros pour viser le marché américain du no-code, face à des acteurs comme Adalo ou Glide qui ont levé des dizaines de millions, ça laissait peu de marge pour encaisser un imprévu de cette nature.

L
Lastron-Leïla 18/05/2026 à 07:33

Ce qui me frappe dans cette histoire, c'est le timing. CES de Las Vegas en janvier, liquidation en mars. Deux mois entre la vitrine internationale et la fermeture, ça fait réfléchir sur ce qu'on montre au monde et ce qu'on traverse vraiment en interne. La promesse no-code de Crowdaa était pourtant réelle, y'a des concurrents qui ont levé dix fois plus sans une fraction de leur vision. La question des DOM dans la carte des investisseurs hexagonaux, c'est un sujet que personne ne veut vraiment ouvrir, mais il va falloir.