Fabrice Bègue est arrivé à Toulouse il y a près de vingt ans. Originaire de Sainte-Marie, cet entrepreneur de 38 ans y était venu pour ses études et des essais sportifs, avant de s'y établir définitivement. Il est aujourd'hui l'un des visages les plus connus de la communauté réunionnaise locale, où on le surnomme « Doudou ».
Son parcours suit une trajectoire fréquente. Après plusieurs années dans le secteur du tourisme, notamment auprès des bénéficiaires des dispositifs d'aide à la mobilité ultramarine de LADOM, il s'est associé avec la fondatrice réunionnaise de l'agence Amore Mundo, dont les bureaux sont installés à Toulouse et à Saint-Pierre. La structure organise des séjours pour une clientèle de La Réunion et accompagne les Réunionnais qui souhaitent s'installer dans la région. Il y a deux ans, Fabrice Bègue a aussi lancé une société d'événementiel avec une offre de traiteur — rougail saucisses, samoussas, bonbons piment —, présente lors de manifestations locales. Il a ainsi travaillé récemment pour un concert de Cyprien, candidat réunionnais de The Voice.
« Il y a beaucoup d'opportunités pour les Réunionnais en Occitanie en valorisant notre culture : dans le rhum, la gastronomie ou les nombreuses manifestations culturelles », dit-il. Il observe aussi que la communauté réunionnaise de Toulouse s'est « intégrée sans déracinement », avec des associations qui se relaient pour fédérer les Créoles et, plus largement, la communauté de l'océan Indien. L'association Culture Vavangue y conduit notamment des recherches généalogiques pour retrouver des origines réunionnaises.
Isac Rebeca, 31 ans, originaire de Rivière-des-Pluies à Sainte-Marie, a choisi Toulouse comme « ville de cœur » après des expériences au Canada, à Montpellier et à Carcassonne. Depuis 2019, il travaille comme boucher sur le marché Victor-Hugo. Il note la présence croissante d'épiceries spécialisées où l'on trouve épices et bouchons réunionnais. Malgré « le mal du pays » et un retour envisagé à La Réunion « d'ici deux ans », il encourage les Réunionnais à « ne pas hésiter à venir ».
Les deux hommes voient d'un bon œil la remise en service d'une ligne aérienne directe entre La Réunion et Toulouse. Pour Isac Rebeca, cette liaison serait utile « surtout pour les parents qui vieillissent et qui fatiguent avec un changement à Paris ».


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