La Chambre de commerce et d'industrie de La Réunion organise ce vendredi 26 juin la cinquième édition de la journée « Entreprendre au féminin ». De 9 heures à 17 heures, l'événement accueille cheffes d'entreprise, porteuses de projet et futures repreneuses d'activité.
Cette édition place les secteurs de l'événementiel, du tourisme et des loisirs au centre du programme. Un choix ancré dans les chiffres : selon Patricia Paoli, première vice-présidente de la CCI Réunion, 33 % des femmes entrepreneures réunionnaises exercent dans ces filières. « C'est la cinquième édition de la journée Entreprendre au féminin. Chaque année, nous proposons une thématique différente. Cette année, nous avons choisi le tourisme, l'événementiel et les métiers des loisirs, car 33 % des femmes entrepreneures réunionnaises exercent dans ces secteurs », explique-t-elle.
La journée s'articule autour d'un village partenaires ouvert de 9 heures à 16 heures, où banques, organismes de financement, avocats, notaires, experts-comptables, associations professionnelles et institutions seront réunis sous le même toit. Des ateliers thématiques rythmeront la matinée : tourisme durable, gestion financière, aspects juridiques liés à la vie personnelle des dirigeantes. L'après-midi sera consacré à la transformation numérique, aux leviers de financement et à la future généralisation de la facturation électronique.
Parmi les nouveautés, une table ronde intitulée « Comment diriger sans se perdre » abordera la santé mentale des dirigeantes. Six professionnelles y partageront leurs expériences. Au programme également : des ateliers autour de l'écriture, de l'aquarelle et de la valorisation des traditions réunionnaises à travers les kosa in shoz.
À partir de 16 heures, le Challenge des Entrepreneures Inspirantes clôturera la journée. Des dirigeantes sélectionnées présenteront leur activité sous forme de pitch devant les partenaires institutionnels et le public.
Sur le fond, deux obstacles reviennent régulièrement dans le parcours des entrepreneures, selon Patricia Paoli : l'accès au financement, freiné par un moindre niveau de garanties, et le réseautage professionnel, plus difficile à construire quand vie familiale et activité professionnelle se cumulent. « Le temps est précieux pour une cheffe d'entreprise. Le fait de retrouver tous les interlocuteurs sur un même site permet de gagner un temps considérable », insiste-t-elle. Un quart des entreprises réunionnaises sont aujourd'hui dirigées par des femmes, une proportion en hausse depuis une dizaine d'années.


7 commentaires
Moi je klaxonne pas souvent mais là je dis bravo. J'ai eu dans mon taxi pas moins de trois femmes qui m'ont parlé de ça ce matin, une qui cherchait à ouvrir sa petite guesthouse au Tampon, une autre dans l'événementiel qui me disait que la banque lui avait demandé deux fois plus de garanties que son associé masculin l'année d'avant. C'est ce que j'entends tous les jours, les domoun parlent franchement quand y'a une planche entre le chauffeur et le passager. La CCI elle fait bien de mettre tout le monde sous le même toit, parce que courir d'un bureau à l'autre quand t'as des marmailles et une entreprise à tenir, lé pa fasil.
Les 33 % de femmes entrepreneures dans le tourisme et l'événementiel, ce chiffre il parle. Dans la cosmétique locale c'est pareil, on vend du produit péi sur Instagram, on fait des chiffres, et pourtant quand on va à la banque pour financer un nouveau lancement de gamme, le dossier il part direct avec un frein. Un événement comme celui-là où tous les interlocuteurs financement sont au même endroit, c'est clairement une opportunité à ne pas rater pour celles qui sont en phase de scale-up.
@Vavangue, tu mets le doigt dessus. La banque elle voit pas que ta terre elle produit, que ton sol tu l'as construit sur dix ans sans pesticide, que ta fidélité clientèle sur le marché du samedi ça vaut quelque chose. Moi ce qui m'intéresse dans cette journée c'est justement l'atelier financement, parce que pour une maraîchère bio lé pa fasil d'obtenir les mêmes conditions qu'un agriculteur conventionnel avec ses hangars et ses machines en garantie. Si la CCI amène des interlocuteurs qui connaissent vraiment notre réalité, pas juste les cases standard des formulaires, alors ça mérite le déplacement depuis Sainte-Suzanne.
@Lastron-Leïla, je me pose la même question pour le compte rendu. La table ronde santé mentale des dirigeantes, ça me touche vraiment, parce que c'est exactement la même chose en libéral. Quand t'es infirmière à ton compte, t'es cheffe d'entreprise aussi, même si personne le dit clairement. Moi en arrivant ici y'a sept ans, j'ai dû tout reconstruire : les patients, le cabinet, le réseau, et en même temps gérer la marmaille et une nouvelle vie. Le cumul il est réel, et ça use. Ce genre d'espace où on peut en parler sans avoir honte, franchement c'est lé bon.
La table ronde sur la santé mentale des dirigeantes, c'est exactement ce qu'on n'ose pas mettre dans les programmes d'habitude. Alé, la CCI ose enfin. Moi je suis curieuse de savoir si ça sera rediffusé ou si y'a un compte rendu après, parce que toutes les entrepreneures ne peuvent pas se libérer un vendredi entier.
Ce qui me parle vraiment là-dedans c'est l'accès au financement. Quand on est une petite productrice qui travaille en circuit court, les banques regardent tes garanties et elles voient presque rien parce que t'as pas de stock coté en bourse, t'as des ruches et des bidons de rhum arrangé. Le fait que la CCI en parle ouvertement, lé bon signe. J'espère juste que les organismes de financement présents ce jour-là ont des réponses concrètes, pas juste des brochures.
La partie sur la transformation numérique et la facturation électronique c'est cool, mais j'aurais aimé voir un atelier dédié aux outils SaaS ou à la création de site pour les entrepreneures qui débutent. Y'a un vrai gap entre « digitalisation » en général et ce qu'on fait concrètement avec un laptop.