L'ARAR HAD change de nom. La structure issue du transfert d'activité vers l'AURAR s'appelle désormais « HAD Run », une nouvelle identité qui intervient dans la continuité de la restructuration validée par l'Agence régionale de santé le 22 avril dernier.
Le projet avait suscité plusieurs mouvements de grève à l'automne. Des salariés de l'ARAR avaient débrayé devant les locaux de l'association à La Possession, dénonçant un processus mené « dans l'opacité ». Les représentants du personnel redoutaient des suppressions de postes et une remise en cause d'acquis sociaux.
Malgré ce climat, le volet administratif a avancé. L'ARS a confirmé le transfert de l'autorisation d'activité d'hospitalisation à domicile au profit de l'AURAR pour les 24 communes de l'île, jusqu'au 29 mai 2032. L'agence a posé plusieurs conditions : maintien des conditions techniques de fonctionnement, conservation des effectifs nécessaires et garantie de la continuité des soins.
HAD Run dit s'appuyer sur des professionnels « formés aux spécificités des soins à domicile depuis plus de 25 ans ». La structure dispose d'équipes réparties sur trois sites : Sainte-Marie, La Possession et Saint-Louis. Les prises en charge proposées couvrent les soins palliatifs, la douleur, l'assistance respiratoire, les traitements intraveineux, la nutrition et le suivi post-chirurgical.
« Ce service d'hospitalisation à domicile s'inscrit dans une démarche d'amélioration de l'accès aux soins pour les patients et leur entourage, sur leur lieu de vie », déclare Marie-Rose Won Fah Hin, directrice du Groupe Ovia Santé. Elle évoque une collaboration avec les équipes hospitalières, les médecins de ville et les prescripteurs, « dans une logique de parcours de soins coordonné ».


8 commentaires
Soigner les gens chez eux, c'est une vieille idée dans nos familles du Sud. On a toujours fait comme ça avant que les structures arrivent. Ce qui compte maintenant, c'est que les équipes restent ancrées dans les quartiers, qu'elles connaissent vraiment les gens qu'elles soignent. Un nom peut changer, mais les liens, ça se perd vite quand on restructure sans prendre le temps.
HAD Run, le nom est clean, ça change des acronymes illisibles. Mais la comm' ne suffira pas à effacer le souvenir des grèves, les salariés et les patients s'en souviennent. Kèl transparence sur la suite ?
@Thierry Lebon, vous avez raison de souligner la distinction entre transfert d'autorisation et fusion juridique, c'est souvent confondu. Il faut aussi préciser que les conditions posées par l'ARS, notamment le maintien des effectifs, ont une portée juridique réelle et peuvent fonder un recours en cas de non-respect. Les représentants du personnel auraient intérêt à conserver une trace écrite de ces engagements pour s'en prévaloir si nécessaire.
Comme dit Patrick974, la solidité financière c'est la vraie question. Moi dans le BTP j'ai vu des regroupements présentés comme la solution miracle, et six mois après c'était la débâcle. Un nouveau nom ça coûte rien à coller sur un bâtiment, mais tenir les conditions posées par l'ARS sur sept ans c'est une autre affaire. J'espère juste que les équipes de terrain s'en sortent, parce que c'est eux qui font le boulot au quotidien.
"Amélioration de l'accès aux soins" et "parcours coordonné", ça sonne bien, mais lé pa fasil de vérifier ce que ça veut dire concrètement. Est-ce qu'il y a des indicateurs publiés sur les délais de prise en charge, le nombre de patients suivis, ou le taux de satisfaction ? Une restructuration validée par une agence publique devrait s'accompagner d'objectifs mesurables accessibles au grand public, pas seulement d'une déclaration de direction.
Les grèves à l'automne, "opacité" dans la gestion, et maintenant un nouveau nom avec un beau communiqué. J'ai connu ça dans mon secteur, ça finit souvent pareil : les petits trinquent et les cadres se maintiennent. J'espère que les conditions des soignants sur le terrain sont vraiment préservées comme l'ARS l'exige, parce que c'est eux qui font le boulot au quotidien chez les patients.
Article intéressant sur un dossier complexe. Une précision utile pour les lecteurs : le transfert d'autorisation d'activité dont il est question ici est un acte administratif encadré par le Code de la santé publique, distinct d'une fusion juridique classique. Les deux structures ne disparaissent pas nécessairement dans une entité unique au sens du droit des associations, et les implications sociales et fiscales pour les salariés repris peuvent donc varier sensiblement selon les modalités exactes du transfert.
La question qui reste posée, c'est la solidité financière du nouvel ensemble. Une fusion de ce type dans le secteur médico-social, validée par l'ARS sous conditions, ça signifie que des financements publics sont engagés sur le long terme, jusqu'en 2032. On aimerait savoir si le modèle économique de HAD Run est réellement stabilisé ou si on reporte simplement les problèmes structurels qui ont alimenté les tensions sociales à l'automne. Le changement de nom ne suffit pas à rassurer.