L'intersyndicale CFDT-SAFPTR-CGTR de l'aéroport Roland-Garros a déposé un préavis de grève pour le vendredi 1er mai. Selon les représentants syndicaux, plus de 80 % des 280 salariés pourraient rejoindre le mouvement. En cause : l'échec des négociations annuelles obligatoires (NAO) avec la direction.
Les revendications couvrent plusieurs volets. Les syndicats demandent une hausse généralisée des salaires de 4,7 %, une prime exceptionnelle de 4 000 euros et la mise en place de la semaine de quatre jours pour les administratifs en 35 heures, avec une journée en télétravail. Cette dernière mesure ne s'appliquerait ni aux employés du fret (37 heures hebdomadaires) ni à ceux de l'aérogare, dont le temps de travail est annualisé.
« C'est l'année de tous les records pour l'aéroport Roland-Garros, donc on demande quelque chose d'un peu exceptionnel. Sans parler des effets de l'inflation », explique Thierry Bovalo, délégué syndical CGTR. L'aéroport a enregistré une hausse du trafic passagers de 4 % en 2024 et un niveau record de fret avec 30 699 tonnes traitées, soit une progression de 5 %.
« On ne veut pas rétribuer la valeur ajoutée que les salariés ont apporté à l'entreprise », estime Frédéric Bordier, délégué syndical CFDT et secrétaire du CSE. La société aéroportuaire prévoit pourtant d'importants investissements pour 2026 : développement des connexions avec l'Asie et l'Afrique, études pour une future aérogare de départ d'une capacité de 4 millions de passagers.
Les syndicats dénoncent aussi une dégradation du climat social depuis l'arrivée du nouveau président du directoire Thomas Dubus. « Depuis son arrivée, le président infantilise un peu le personnel. Il veut avoir la main sur tout, le climat social s'en ressent », déplore Frédéric Bordier. La révélation par Zinfos974 de soupçons pesant sur un appel d'offres de 88 millions d'euros sur huit ans a renforcé le malaise. « Le personnel se sent un peu sali. Nous essayons d'avoir une éthique professionnelle irréprochable, et là en l'espace de six mois de présence, la probité de l'entreprise et des agents se trouve malmenée », ajoute-t-il.
Une réunion s'est tenue ce mardi 28 avril au matin entre les représentants syndicaux et la direction. La veille, l'intersyndicale n'avait constaté aucune avancée. Les NAO doivent se clore le 30 avril au soir. En cas d'échec, ce serait une « grève historique » pour l'aéroport Roland-Garros.


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