La grève chez Derichebourg OI, déclenchée le 13 juillet, se poursuit sans qu'aucune avancée n'ait été enregistrée côté négociations. À Saint-Pierre et Petite-Île, la Civis a confié depuis le lundi 27 juillet à 13h une partie de la collecte à une entreprise de remplacement, mais le conflit social reste entier.
Jean-Denis Uldéric, représentant syndical de l'UR 974 et l'un des porte-parole des grévistes, est catégorique : « Il n'y a rien pour l'instant. Ça n'a pas bougé. » Les deux mises en demeure adressées par la Civis à Derichebourg OI, ainsi que les constats d'huissier réalisés dans plusieurs secteurs, n'ont pas suffi à faire bouger la direction.
Le prestataire de substitution a permis une reprise partielle des opérations, mais les grévistes estiment qu'il ne peut pas absorber les volumes accumulés. Le dispositif habituel repose sur plusieurs dizaines de véhicules sortant chaque jour. « Ça nettoie un petit peu, mais ce n'est pas le retour à la normale », résume Jean-Denis Uldéric. Dans plusieurs quartiers de Saint-Pierre, les bacs débordent encore. Des commerces et des résidences font face à des locaux poubelles saturés.
Même en cas de reprise rapide, le rattrapage prendrait du temps. Jean-Denis Uldéric chiffre à « facilement trois semaines » le délai nécessaire pour résorber le retard, à condition que les équipes reprennent, effectuent des heures supplémentaires et travaillent éventuellement le samedi. Les grévistes se disent prêts à le faire si un accord est conclu.
La Civis a activé les dispositions prévues au marché public pour justifier le recours à un autre opérateur, au motif que Derichebourg OI ne respectait pas pleinement ses obligations contractuelles. Le bras de fer entre la direction et les salariés grévistes continue de repousser le retour à la normale que les habitants de Saint-Pierre et Petite-Île attendent toujours.


4 commentaires
@Jean-Marc, votre remarque sur le coût du redémarrage est juste, mais je préciserai un point : lorsque la Civis active les clauses de substitution prévues au marché public, les surcoûts engendrés par le prestataire de remplacement sont en principe imputables à Derichebourg OI, sous réserve des conditions contractuelles. C'est une mécanique classique dans les marchés de service public, et il serait intéressant de savoir si la collectivité entend effectivement se retourner contre le titulaire du marché pour récupérer la différence.
Les mises en demeure, les constats d'huissier, tout ça c'est du papier. Une direction qui ne bouge pas après deux semaines de grève, c'est une direction qui parie sur l'essoufflement des travailleurs. Les grévistes ont dit qu'ils étaient prêts à faire les heures sup pour rattraper le retard si un accord sort, c'est la preuve qu'ils sont responsables. C'est pas eux qui font traîner, faut être clair là-dessus.
Ça fait des semaines que le péi-la attend, et toujours rien de concret à la table des négociations.
Trois semaines pour rattraper le retard, ça m'étonne pas. Quand un chantier s'arrête net, le redémarrage coûte toujours plus cher que prévu, en temps et en argent. La Civis a bien fait d'activer le prestataire de remplacement, mais c'est un pansement. Le vrai problème c'est que la direction n'a visiblement aucune urgence à négocier pendant que les bacs débordent chez les riverains.