La Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DAAF) de La Réunion a confirmé que le dispositif exceptionnel d'aide aux engrais azotés, annoncé par FranceAgriMer le 23 juillet 2026, s'applique bien aux exploitations agricoles de l'île.
Cette précision fait suite à une demande de la CGPER. Son président, Jean-Michel Moutama, avait interpellé le ministère de l'Agriculture, la DAAF et FranceAgriMer pour lever une ambiguïté : le texte de la décision ne mentionnait pas explicitement les départements et régions d'outre-mer. « Comment cette décision sera-t-elle appliquée à La Réunion et, plus largement, dans les départements et régions d'outre-mer ? », avait-il demandé. La DAAF a répondu rapidement.
Le dispositif couvre les achats d'engrais minéraux azotés simples réalisés entre le 1er juin et le 30 septembre 2026. Sont notamment concernés l'urée, les ammonitrates et les solutions azotées, à condition qu'ils ne contiennent ni phosphore ni potasse. L'aide est fixée à 50 euros par tonne, avec un seuil minimum de 750 euros par exploitation et par numéro SIRET, soit l'équivalent de 15 tonnes. Elle peut atteindre 70 euros par tonne pour les jeunes agriculteurs et pour les exploitations dont les dépenses d'engrais représentaient plus de 10 % de leurs charges sur le dernier exercice clos avant le 31 décembre 2025.
L'enveloppe totale est plafonnée à 145 millions d'euros, dont un peu plus de 107 millions financés par l'Union européenne. FranceAgriMer justifie cette mesure par la flambée des cours liée au conflit en Iran, qui a provoqué une nouvelle hausse du prix des engrais azotés, très dépendants du gaz naturel. L'objectif est de soutenir la trésorerie des exploitations et de sécuriser les approvisionnements pour la prochaine récolte.
Les demandes devront être déposées en ligne sur la plateforme PAD (Plateforme d'acquisition de données) de FranceAgriMer, dont l'ouverture est prévue en fin de semaine et au plus tard le 1er août. Une seule demande sera acceptée par exploitation et par numéro SIRET. Des dispositions particulières sont prévues pour les jeunes agriculteurs, les exploitants récemment installés et les exploitations ayant connu un agrandissement. Les conditions d'éligibilité et les justificatifs requis sont détaillés dans la décision technique publiée sur la page internet dédiée de FranceAgriMer.


6 commentaires
@Vavangue, c'est exactement la question à poser. Ce seuil de 15 tonnes minimum ça ressemble à ces minimums de commande qui écrasent les petites structures dans le e-commerce aussi, les gros passent, les petits regardent. J'espère que la CGPER va pousser pour qu'on ait une vraie lecture des chiffres d'exclusion après clôture du dispositif, parce que savoir combien d'exploitations réunionnaises n'ont pas pu en bénéficier à cause de ce seuil, ça dirait beaucoup.
Ce qui m'interpelle dans cet article, c'est la mention du conflit en Iran comme déclencheur de la hausse. On oublie trop souvent à quel point l'agriculture réunionnaise est exposée aux chocs internationaux, alors qu'on marche sur des terres volcaniques d'une fertilité exceptionnelle. La dépendance aux intrants azotés importés, c'est un vrai sujet de fond que ce genre de dispositif d'urgence ne résout pas vraiment. L'aide est bienvenue, mais ça serait intéressant qu'un article traite aussi des alternatives agroécologiques qui se développent dans les hauts.
La date limite c'est le 1er août et la plateforme ouvre seulement en fin de semaine ? I fo espérer que les agriculteurs soient au courant à temps, pas tout le monde suit les annonces de FranceAgriMer.
Moi c'est pas mon secteur les engrais, mais je regarde ça et je me dis qu'au moins y'a eu quelqu'un pour pousser la question des DROM. Chapeau à la CGPER d'avoir interpellé le ministère, parce que sinon l'île serait passée à la trappe comme d'habitude. Faut toujours se bagarrer pour exister dans ces dispositifs nationaux.
C'est bien beau tout ça, mais mes fournisseurs de légumes au marché de Saint-Pierre, eux ils vont en bénéficier cette aide ? Parce que quand leurs charges montent, c'est ma liste d'achats qui trinque direct.
Bonne nouvelle pour le péi-la, mais j'aimerais comprendre comment ça s'applique concrètement pour les petites exploitations comme la mienne. On n'achète pas 15 tonnes d'urée par an, loin de là. Ce seuil minimum de 750 euros risque d'exclure pas mal de petits producteurs qui en auraient pourtant besoin.