Le groupe Duchemann & Grondin a annoncé jeudi 2 juillet, dans un communiqué, avoir déposé une plainte pénale contre plusieurs protagonistes du dossier Soficoop. L'initiative intervient à une semaine de l'audience du 9 juillet devant le tribunal mixte de commerce, qui doit se prononcer sur la demande de sortie du redressement judiciaire de Soficoop.
La plainte, que Zinfos974 a pu consulter, retrace sur plusieurs pages la chronologie des décisions prises depuis 2023. Les plaignants y soutiennent que les procédures successivement engagées devant la justice — de la plainte déposée en 2023 contre des accords datant de 2017 à l'ouverture de la procédure de sauvegarde puis au redressement judiciaire — procéderaient d'une stratégie coordonnée visant à remettre en cause les pactes conclus autour de l'abattoir de l'Étang-Salé.
Le document s'appuie sur des correspondances, des décisions de justice, des procès-verbaux, des échanges entre avocats et des pièces internes. Selon les plaignants, certains de ces éléments font apparaître des contradictions entre les arguments avancés devant les juridictions commerciales et les positions adoptées ensuite lors des négociations. Le rôle de plusieurs intervenants dans la procédure collective est également mis en cause.
Plusieurs qualifications pénales sont visées : escroquerie au jugement, abus de biens sociaux, corruption privée et détournement de fonds publics. Le groupe indique vouloir que la plainte permette aux enquêteurs de vérifier l'ensemble des éléments avancés.
L'audience du 9 juillet constitue le prochain rendez-vous judiciaire du dossier.


8 commentaires
Nous ici dans le cirque, on a pas vraiment suivi tous les détails de ce dossier, mais l'abattoir de l'Étang-Salé on connaît, c'est là que passent nos bêtes. Quand une structure comme ça se retrouve dans autant de procédures, ça finit par peser sur tout le monde en aval, les éleveurs, les producteurs, toute la chaîne. La saison là elle est déjà compliquée avec les pluies, i fo pas que les problèmes d'en bas viennent ankor compliquer ce qui reste.
Ces dossiers-là, on les voit arriver, on les voit durer, et on vieillit avec eux.
Ce qui me frappe dans ce dossier, c'est la même chose qu'on voit dans nos eaux : en surface ça paraît calme, mais en dessous les courants se croisent dans tous les sens. Une plainte pénale avec des qualifications aussi lourdes, escroquerie au jugement, corruption privée, ça ne sort pas d'un chapeau une semaine avant une audience par hasard. Le problème c'est que pendant que les avocats s'écharpent, l'outil économique, lui, attend. Et un abattoir à l'arrêt c'est toute une filière qui souffre.
La mer elle attend personne. Ces dossiers-là, ils durent, ils durent, et à la fin on sait plus vraiment de quoi il s'agissait au départ.
Une plainte pénale déposée une semaine avant une audience décisive, ça ressemble à une manoeuvre pour brouiller les cartes plutôt qu'à une recherche de vérité. Le tribunal mixte de commerce va devoir garder le cap.
Quand j'ai quitté le 94 pour m'installer ici, on m'avait dit que le monde économique réunionnais était un petit village. Ce dossier Soficoop illustre exactement ça : tout le monde se connaît, les pactes se font entre quelques familles, et quand ça se défait ça part en procédures pendant des années. J'espère vraiment que le tribunal aura tous les éléments pour trancher correctement le 9 juillet, parce que l'abattoir c'est pas juste une affaire de gros actionnaires, c'est aussi une filière entière qui attend.
Ce genre de situation rappelle à quel point la transparence est essentielle dans le monde des affaires, même et surtout dans notre péi. J'espère que l'audience du 9 juillet apportera un peu de clarté pour tout le monde.
L'abattoir de l'Étang-Salé, ça fait des années que ce dossier traîne et que les gens ne savent pas vraiment ce qui se passe. Quand je vois toutes ces qualifications pénales, escroquerie, corruption, détournement, je me dis que c'est les petits qui vont encore payer à la fin. Les grands, eux, ils ont les avocats qu'i fo pour s'en sortir.