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L'Assurance maladie veut interdire le tabac aux nés après 2009

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L'Assurance maladie veut interdire le tabac aux nés après 2009

Vers une "génération sans tabac" ? L'Assurance maladie veut interdire la vente de cigarettes aux personnes nées après 2009 - Crédit Zinfos974 - Société


Dans son rapport annuel « Charges et produits » publié le 2 juillet, l'Assurance maladie recommande d'interdire la vente de tabac à toute personne née à partir de 2009. Concrètement, cette génération ne pourrait jamais acheter légalement de cigarettes, même une fois majeure.

La proposition s'inspire directement du Royaume-Uni, premier pays d'Europe à avoir adopté une telle loi. Outre-Manche, ce sont les vendeurs qui sont visés : un commerçant qui céderait du tabac à une personne concernée risquerait une amende, tandis que l'acheteur ne serait pas sanctionné.

Thomas Fatôme, directeur général de l'Assurance maladie, estime que la France peut suivre cet exemple. Malgré les hausses de prix successives, les avertissements sanitaires et les paquets neutres, il juge les résultats français insuffisants au regard de ceux obtenus par plusieurs pays voisins.

À La Réunion, le tabagisme reste un problème de santé publique, même si la tendance s'améliore. Selon le Baromètre 2024 de Santé publique France, 16,1 % des adultes sont fumeurs quotidiens sur l'île, soit environ 100 000 personnes, une proportion légèrement inférieure à la moyenne nationale. Le tabac demeure étroitement lié aux inégalités sociales, les personnes en situation de précarité étant les plus touchées. Le même baromètre indique que 61,7 % des fumeurs quotidiens réunionnais souhaitent arrêter, un taux supérieur à celui du reste de la France. Plus d'un fumeur sur cinq dit avoir tenté un sevrage d'au moins une semaine au cours des douze derniers mois.

Le rapport formule d'autres recommandations en matière de prévention. L'Assurance maladie plaide pour rendre obligatoire l'affichage du Nutri-Score sur les produits alimentaires emballés, avec une mention précisant si l'aliment est ultra-transformé. Elle préconise également le port du casque à vélo et sur les engins de déplacement personnel motorisés pour les plus de 12 ans, dans un contexte de hausse des accidents impliquant ces usagers. Elle appelle enfin à une campagne de vaccination contre les pneumocoques destinée aux personnes de plus de 65 ans : moins d'un senior sur cinq est aujourd'hui vacciné contre cette bactérie, dont les infections représentent un coût estimé entre 2,7 et 3,4 milliards d'euros par an.

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Mots clés : Santé tabac la-reunion

8 commentaires

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Z
Zilo 03/07/2026 à 12:16

Honnêtement l'idée est pas mauvaise mais l'implémentation va être un cauchemar. Vérifier une date de naissance à la caisse c'est déjà galère pour l'alcool, alors pour le tabac avec une cohorte entière qui grandit chaque année... le système va se retrouver en bug constant. Y'a pas une app gouvernementale qui tient la route, j'imagine même pas le niveau de conformité chez les petits commerçants.

M
Marie-Hélène 03/07/2026 à 11:43

@Tonton Bébert, vous soulevez quelque chose d'essentiel. La corrélation entre tabagisme et précarité est documentée depuis longtemps, les travaux de Pierre Bourdieu sur les habitus de classe éclairent déjà en partie ce phénomène. Ce que l'article pointe sur La Réunion confirme ce que les associations de terrain observent : i fo penser la prévention depuis l'école, dès le primaire, avec des outils adaptés aux réalités locales. Une interdiction de vente sans éducation en amont reste une mesure incomplète.

M
Mickaëla 03/07/2026 à 11:23

Ce qui me touche dans cet article c'est le chiffre : 61,7 % des fumeurs réunionnais veulent arrêter. C'est une vraie intention, un vrai désir de changement qui existe déjà. Le cadre légal peut aider, mais l'accompagnement au quotidien, le soutien à la motivation profonde, c'est là que tout se joue vraiment. Une loi sans ressources humaines derrière, ça reste incomplet.

T
Thierry Lebon 03/07/2026 à 10:17

@Hugo Saline les bains, vous avez raison de mentionner la Nouvelle-Zélande, mais il y a une nuance importante à apporter. Le dispositif néo-zélandais était structurellement différent : il réduisait progressivement le nombre de points de vente autorisés et abaissait le taux de nicotine, en plus d'interdire la vente aux jeunes générations. La proposition de l'Assurance maladie française s'appuie sur le modèle britannique, plus ciblé, qui fait peser la responsabilité uniquement sur le vendeur. Sur le plan administratif, la mise en oeuvre supposera vraisemblablement un régime de contrôle spécifique, probablement confié aux directions départementales de la protection des populations, qui ont déjà compétence en matière de vente de produits réglementés.

M
Marie 03/07/2026 à 09:18

Bonne idée sur le principe, mais faut accompagner les familles derrière, pas juste interdire.

N
Nadine Saint-Louis 03/07/2026 à 09:11

Moi je vends du tabac en dépôt dans ma boutique, c'est une partie non négligeable de mon chiffre. Si cette loi passe, ça veut dire qu'il faut vérifier la date de naissance de chaque client, et si on se trompe c'est l'amende pour le commerçant, pas pour l'acheteur. On reporte encore une fois le risque sur le petit commerce, lé pa fasil quand on gère déjà les fins de mois tout seul.

T
Tonton Bébert 03/07/2026 à 09:09

L'Assurance maladie sort ce rapport et on applaudit, mais qui paie les pots cassés depuis des décennies ? Les ouvriers, les précaires, ceux que le tabac a bouffé parce qu'ils avaient pas d'autre soupape de décompression. Avant de faire la leçon aux nés après 2009, faudrait commencer par expliquer pourquoi les domoun les plus pauvres fument le plus, et c'est pas une question de volonté, c'est une question de conditions de vie.

H
Hugo Saline les bains 03/07/2026 à 09:03

Ce qui m'interpelle, c'est que la Nouvelle-Zélande avait adopté exactement cette logique en 2022 avant de faire marche arrière après le changement de gouvernement. Le Royaume-Uni tient bon pour l'instant, mais l'application reste un défi énorme. À La Réunion, où les réseaux informels de revente sont réels, on peut légitimement se demander si interdire la vente légale ne déplace pas juste le problème vers un marché parallèle encore plus difficile à contrôler.