Le Moulin du Tango fermera définitivement ses portes le samedi 1er août. Ouvert en 1989, cet établissement spécialisé dans les soirées rétro et les bals de célibataires met fin à 36 ans d'activité, à l'occasion du départ à la retraite de son fondateur, Christian Barlier.
Avant cette fermeture, une dizaine de soirées sont prévues pour permettre aux habitués de revenir une dernière fois sur la piste tournante, signature du lieu depuis ses débuts.
Dans un message adressé à sa clientèle, Christian Barlier a tenu à saluer ceux qui ont fréquenté l'établissement pendant plus de trois décennies. « Sans vous, le Moulin n'aurait jamais existé », écrit-il, évoquant un métier exercé avec passion pour offrir des moments de fête, de partage et de sourire.
Le Moulin du Tango s'était imposé autour de rendez-vous réguliers : le bal des célibataires du mercredi, les soirées rétro et les anniversaires célébrés chaque samedi. Le guide Petit Futé le décrivait comme une institution réunionnaise, notamment pour son « manège », une piste de danse tournante présentée comme unique sur l'île. De nombreux couples s'y sont rencontrés, certains y ont même construit une vie de famille.
Un livre d'or sera mis à disposition des clients lors des dernières soirées. Les anciens habitués sont invités à partager photos, vidéos et souvenirs sur les réseaux sociaux pour garder une trace de l'histoire du lieu.
Le site ne restera pas vacant après la fermeture : le casino doit prochainement prendre possession des locaux.


5 commentaires
Le livre d'or mis à disposition, les appels aux photos et vidéos sur les réseaux, c'est exactement le bon réflexe pour une fermeture comme ça. Cette communauté fidèle depuis des décennies, c'est une audience en or que beaucoup de marques rêveraient d'avoir. Dommage qu'il n'y ait pas eu quelqu'un pour digitaliser tout ça bien avant.
36 ans c'est pas rien. Moi ça fait 22 ans que je tiens ma boucherie à Bras-Panon et je sais ce que c'est de se battre chaque jour pour garder un commerce debout. Quand on ferme, c'est pas juste une enseigne qui disparaît, c'est des années de vie qu'on laisse derrière. Bon vent à Christian pour la retraite, il l'a bien mérité.
Et donc le casino récupère les locaux. C'est un peu le symbole de notre époque, non ?
Il y a quelque chose de profondément mélancolique dans la fermeture d'un lieu comme celui-ci. Ces espaces où les gens dansent, se cherchent, se trouvent, ont une fonction sociale que les sociologues ont souvent sous-estimée. Le fait qu'un livre d'or soit prévu pour les dernières soirées me touche particulièrement : c'est peut-être la forme d'archive la plus honnête qui soit, celle que les gens écrivent eux-mêmes. J'espère que quelqu'un aura la bonne idée de numériser tout ça un jour.
36 ans de piste tournante, de robes qui virevoltent, de lumières qui se reflètent sur les visages... c'est toute une palette de vie qui s'éteint. On parle de patrimoine créole et on oublie souvent ces lieux qui ont fabriqué des histoires, des rencontres, des familles entières. Bonne retraite à Christian Barlier, il a coloré le péi-la à sa façon.