Présentée le 9 juin, l'association Rézo Jardins Collectifs Péï veut fédérer les acteurs des jardins collectifs à La Réunion, accompagner les porteurs de projets et promouvoir l'agroécologie à l'échelle de l'île.
Le réseau regroupe des profils divers : gestionnaires de jardins, jardiniers, collectivités, bailleurs sociaux, propriétaires fonciers et partenaires techniques. Il se veut un espace d'échanges et de coopération, capable d'intervenir à toutes les étapes d'un projet, du conseil à la recherche de financements ou de terrains.
L'association se fonde sur trois valeurs : le lien social, l'agroécologie et la conscience alimentaire. Ses fondateurs s'appuient sur l'héritage du jardin créole traditionnel, qu'ils présentent comme un modèle adapté aux enjeux actuels de l'agriculture urbaine. Au-delà de leur fonction nourricière, les jardins collectifs y sont décrits comme des lieux de rencontre, d'échange de savoirs et de sensibilisation à l'environnement.
Parmi les premières actions prévues : recrutement des adhérents, visites de jardins, formations et rencontres entre acteurs du secteur. À plus long terme, le réseau envisage de développer des pôles territoriaux dans différentes régions de l'île et de créer un label destiné à valoriser les jardins répondant à des critères de durabilité. La poursuite de l'inventaire des jardins collectifs figure également au programme.
Le bureau de l'association réunit onze membres. Stéphane Foglia, de l'association AREC, et Théo Rivière, représentant la mairie du Tampon, assurent la coprésidence. Audrey Burlotto, du CAUE, occupe le poste de secrétaire, secondée par Dominique Derand de l'IRFD. Maïté Payet, de l'association Run Action, est trésorière. Complètent le bureau : Frédéric Souverain (SEMADER), Daysie Riquel (SIDR), Floran Haorau (Perma'Kiltir Réunion), Léo Kichenassamy Alamelou (Pacte de Transition Citoyenne Régional), Corinne Michel (Le jardin partagé de Fayard) et Yannick Aquilimeba (Bien vivre à Fayard).


4 commentaires
@Tom Bib, la référence à Geddes c'est sympa mais on reste quand même sur une association créée il y a deux semaines avec un bureau de onze membres et zéro jardin labellisé pour l'instant. Ce qui m'intéresse c'est de savoir comment ce réseau va réellement se financer sur la durée, parce que 'recherche de financements' c'est vague. Les structures de ce type en métropole galèrent souvent à trouver un modèle économique viable passé l'effet d'annonce.
Bonne initiative, mais j'attends de voir le label concret.
J'ai eu Le Tampon deux fois cette semaine et les clients m'ont pas parlé de ça, pourtant c'est Théo Rivière de la mairie qui est dedans. C'est dommage parce que y'a des gens au Tampon qui ont des grands terrains qui dorment, lé pa fasil de les mobiliser mais un réseau comme ça ça peut peut-être débloquer des choses. On verra si ça tient dans la durée ou si c'est juste une belle présentation.
Ce projet me rappelle les réflexions de Patrick Geddes sur les jardins ouvriers du début du XXe siècle, qui voyait dans ces espaces cultivés collectivement bien plus qu'une simple production alimentaire, une façon de recoudre le tissu social urbain. Ce que Rézo Jardins Collectifs Péï nomme 'jardin créole traditionnel' porte en lui cette même intelligence du lieu et du lien. J'espère que l'association aura l'idée de constituer une petite bibliothèque de ressources pour ses adhérents, parce que la littérature sur l'agroécologie et les communs est riche, et souvent très accessible.