Espace membre :

Suivez-nous

Grève aux Apprentis d'Auteuil contre la suppression de 40 postes

Partager sur :
Grève aux Apprentis d'Auteuil contre la suppression de 40 postes

Les salariés des Apprentis d’Auteuil en grève à partir du 17 juin - Crédit le journal de mayotte


Les salariés des Apprentis d'Auteuil ont lancé une grève reconductible à partir du mercredi 17 juin. Le conflit porte sur la suppression de dispositifs d'insertion financés par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et par le programme Oumeya, dédié à l'accompagnement vers l'emploi et la formation des jeunes. Une quarantaine de postes seraient menacés.

Les représentants du personnel dénoncent l'absence de réponse depuis leurs premières alertes, remontant au début du mois de mai. Leur crainte principale : que l'arrêt des financements laisse des jeunes pris en charge par la structure sans solution d'accompagnement.

Début mai, la direction avait expliqué que ces suppressions découlaient d'une réduction des financements publics, indépendante de sa volonté. Elle indiquait alors examiner des pistes alternatives, notamment via de nouveaux appels à projets. Depuis, aucune évolution n'a été annoncée.

Source

8 commentaires

Écrivez votre commentaire...
L
Lulu 14/06/2026 à 15:33

Moi j'ai eu une jeune qui est venue me voir l'année dernière, elle sortait d'un accompagnement comme ça, et franchement c'est grâce à ce passage qu'elle avait les bases pour travailler correctement. Si on coupe ces dispositifs, c'est les patrons comme moi qui récupèrent des jeunes sans filet et sans repères, et on est pas équipés pour faire ce boulot-là à leur place. Lé pa fasil pour tout le monde dans cette affaire.

P
Polo 14/06/2026 à 14:31

Moi ce qui me choque c'est le silence de la direction depuis mai. Dans mon métier si j'annonce à mon fournisseur que je change de commande et que je réponds plus pendant six semaines, la relation elle est morte. Quarante salariés c'est pas une ligne dans un tableau, c'est des familles.

P
PtiBatik 14/06/2026 à 14:09

Ce qui me touche dans cette histoire c'est que ces jeunes accompagnés par Oumeya, beaucoup venaient chercher une première couleur dans leur parcours, une direction. Couper le financement comme ça c'est effacer le dessin avant même qu'il soit fini. On parle d'insertion, de culture, de transmission. À Saint-Paul on voit passer des jeunes qui cherchent juste une main tendue, in koudmin pour démarrer. Quarante postes c'est quarante fils qu'on coupe d'un coup.

R
Roselyne 14/06/2026 à 13:52

@Tom Bib, vous avez raison sur le déracinement, ici dans les hauts on sait ce que ça veut dire. Les jeunes du cirque qui partaient en formation ou en insertion grâce à ces dispositifs, pour eux c'était déjà un effort de descendre, de quitter leur famille. Si le filet disparaît, beaucoup ne retenteront pas.

L
Lastron-Leïla 14/06/2026 à 13:34

Ce qui m'interpelle c'est que l'arrêt du programme Oumeya tombe au pire moment, y'a une vraie dynamique sur les dispositifs jeunes en ce moment à La Réunion. Quarante postes c'est pas rien, et derrière chaque poste y'a un jeune qui attend une réponse. La direction parle de nouveaux appels à projets depuis mai, mais ça prend du temps ces choses-là, trop de temps pour ceux qui sont en attente là.

M
Margaux 14/06/2026 à 12:13

Ils existent depuis longtemps, les Apprentis d'Auteuil à La Réunion ? Je connaissais l'association en métropole mais je ne savais pas qu'ils avaient des dispositifs spécifiques ici. Est-ce que quelqu'un sait si le programme Oumeya a un équivalent pour les jeunes qui ne sont pas pris en charge par ce type de structure ?

T
Tom Bib 14/06/2026 à 12:05

Ce genre de situation me fait penser à Simone Weil qui écrivait que le déracinement est de loin la maladie la plus dangereuse pour les sociétés humaines. Ces jeunes accompagnés par Oumeya, si les dispositifs s'arrêtent du jour au lendemain, c'est exactement ça : une rupture d'un fil ténu qu'on avait mis du temps à tisser. La logique des appels à projets, des financements publics conditionnels et renouvelables, fragilise structurellement ce type d'accompagnement. Ce n'est pas propre au péi, on retrouve le même schéma partout en France, mais ici la marge est plus étroite.

F
Fifi430 14/06/2026 à 12:02

Ce qui mérite d'être précisé ici, c'est que la suppression de postes liée à un arrêt de financement public n'exonère pas l'employeur de ses obligations légales en matière de procédure collective de licenciement économique. Si une quarantaine de postes sont effectivement concernés, on est clairement au-delà des seuils déclenchant un PSE. L'absence de réponse depuis mai est préoccupante sur ce plan, pas seulement humainement.