Près d'un collégien sur cinq a déjà touché à la cigarette à La Réunion. Un suicide survient tous les quatre jours sur l'île, et trois tentatives sont recensées chaque jour. Face à ces chiffres, la Préfecture, l'Agence régionale de santé (ARS) et l'Académie de La Réunion ont décidé de renforcer leur stratégie commune de prévention en milieu scolaire.
Le dispositif s'appuie sur le développement des compétences psychosociales, définies par les autorités comme « l'ensemble des aptitudes permettant aux enfants et aux adolescents de mieux gérer leurs émotions, de renforcer leurs relations aux autres, de faire des choix favorables à leur santé et de prévenir des comportements aux conséquences négatives sur la santé ». L'objectif : agir avant les premiers comportements à risque, dès le primaire.
Ce vendredi 12 juin, les autorités se sont réunies à l'école primaire du Barrage, à Saint-Paul, pour assister à une séance du programme Primavera. Destiné aux 8-12 ans, ce programme propose des ateliers participatifs sur la gestion des émotions, la résistance aux influences et l'esprit critique, et aborde des sujets comme les écrans, le tabac ou l'alcool.
Les résultats de l'évaluation scientifique de Primavera sont présentés comme encourageants : les élèves concernés auraient « jusqu'à 14 fois plus de chances de ne pas consommer d'alcool ». L'ARS s'appuie par ailleurs sur d'autres programmes validés scientifiquement, parmi lesquels Unplugged, Good Behaviour Game, PRODAS, Nutrition Marmay, Zarboutan ou Vavangue.
En 2025, l'ARS a mobilisé plus de 540 000 euros pour ces actions, permettant d'accompagner plus de 12 000 jeunes. Une enveloppe supplémentaire de 400 000 euros est prévue pour « presque doubler le nombre de jeunes touchés d'ici la fin de l'année scolaire 2027-2028 ».


4 commentaires
Contente de voir le programme Vavangue cité, ça résonne bien avec ce qu'on essaie de faire localement dans d'autres secteurs, valoriser ce qui vient du péi. L'enveloppe de 400 000 euros supplémentaires pour quasi doubler la portée d'ici 2028, c'est le bon signal. Reste à voir si la communication autour de ces programmes suit, parce que beaucoup de parents ne savent même pas que ça existe.
L'article mentionne que les élèves auraient "jusqu'à 14 fois plus de chances de ne pas consommer d'alcool". C'est un chiffre qui mérite qu'on s'y arrête. Sur quelle durée de suivi ? Avec quel groupe contrôle ? Ce genre de formulation peut vouloir dire beaucoup de choses ou presque rien selon la méthodologie. Je ne dis pas que Primavera ne fonctionne pas, mais une évaluation scientifique citée sans lien vers la publication, c'est une promesse qu'on ne peut pas vérifier.
540 000 euros pour 12 000 jeunes, ça fait même pas 50 euros par gamin. Je veux pas cracher dans la soupe, l'intention est bonne, mais quand je vois le prix d'une seule campagne pub institutionnelle par ailleurs... On fait avec les moyens qu'on a, j'imagine.
Ces chiffres sur le suicide font mal à lire. Un tous les quatre jours, c'est lourd à porter pour une île de notre taille.