Sept jeunes âgés de 16 à 25 ans ont participé à un concours culinaire à Bois d'Olives, au terme d'une semaine d'immersion dans les métiers de la restauration organisée par Apprentis d'Auteuil Océan Indien. L'événement s'inscrivait dans l'action « De la fourche à la fourchette », portée dans le cadre de la Cité Éducative et financée conjointement par celle-ci et le Contrat de Ville de Saint-Pierre.
Durant la semaine, les participants ont alterné visites de structures professionnelles, ateliers culinaires, découverte du maraîchage et rencontres avec des acteurs du secteur. Pour la journée finale, ils ont travaillé en binôme avec des professionnels partenaires, dont le chef Pierre, de l'entreprise d'insertion Pépé José, pour réaliser plusieurs recettes devant une trentaine de convives — partenaires, familles et invités.
Noa, 20 ans, retient surtout de cette semaine sa découverte du monde agricole et des fleurs comestibles. Pour le concours, il a choisi de préparer des ravioles, un défi qu'il dit avoir relevé avec fierté.
Apprentis d'Auteuil Océan Indien estime que l'expérience a aidé les jeunes à gagner en confiance, en autonomie et en capacité à travailler en équipe. Le chef Pierre a noté que plusieurs participants ne se connaissaient pas au début de l'action et n'envisageaient pas forcément une carrière dans la restauration.
Cette opération marque également le lancement dans le Sud du programme « Devenir », dédié au repérage, à la remobilisation et à l'accompagnement de jeunes vers l'insertion professionnelle.


7 commentaires
@Jean-Claude B., il a raison le chef Pierre de s'impliquer. Dans mon restaurant à Saint-Leu j'ai du mal à recruter des gens motivés, alors voir des jeunes qui apprennent à la fois d'où vient le produit et comment le transformer, c'est exactement ce qu'on cherche. Les touristes qui descendent du lagon ils veulent du local, de l'authentique, pas des plats surgélés réchauffés. Si ces jeunes finissent par bosser dans le secteur, c'est tout le Sud qui y gagne.
Des jeunes qui apprennent à cuisiner ce qu'ils voient pousser, c'est pas si courant. Dans mon temps on apprenait les choses sur le tas, sans programme ni financements. Je dis pas que c'est mal, au contraire. Juste que parfois ces dispositifs ils viennent et ils repartent, et après on entend plus parler des jeunes en question.
J'ai pris une dame en taxi la semaine passée, elle travaillait justement avec Apprentis d'Auteuil, elle m'a dit que trouver des professionnels qui acceptent de jouer le jeu avec les jeunes c'est lé pa fasil. Apparemment le chef Pierre il est bien connu dans le milieu, il revient souvent. En tout cas moi j'entends souvent des parents qui cherchent désespérément des solutions pour leurs enfants de 18-20 ans qui savent pas trop quoi faire, alors ce genre de semaine ça peut vraiment débloquer des choses.
Super pour ces jeunes !
Ce lien entre agriculture et restauration ça me rappelle ce qui se fait en Bretagne avec certaines fermes qui intègrent directement des jeunes en insertion dans leurs circuits courts. À La Réunion la proximité entre le maraîchage local et la gastronomie a vraiment du sens, le péi a des produits incroyables. Content de voir que ça prend forme aussi dans le Sud.
Ce type de dispositif illustre bien ce que les pédagogues appellent l'apprentissage par l'expérience, cher à Dewey. Ce qui est intéressant ici c'est la combinaison entre le maraîchage, le geste culinaire et la rencontre avec des professionnels, trois dimensions rarement réunies dans un même parcours court. Apprentis d'Auteuil a une longue expérience de ce travail avec les jeunes décrocheurs et je suis curieuse de voir comment le programme Devenir va s'articuler avec les dispositifs existants dans le Sud, notamment ceux portés par les missions locales.
Bois d'Olives accueille ce genre d'initiative, c'est bien. Mais on peut se demander si ces jeunes ont aussi réfléchi à l'espace dans lequel ils travaillent, la cuisine comme lieu pensé, la salle comme rapport au convive. L'insertion par la restauration c'est solide, j'aurais juste aimé qu'on parle aussi du cadre bâti de ces structures d'insertion, souvent logées dans des locaux récupérés sans cohérence fonctionnelle.