Le conseil d'administration de l'Université de La Réunion se prononce ce mardi 15 juin sur une délibération fixant les conditions d'un retour à l'équilibre financier d'ici 2029. L'établissement affiche un déficit de 6,3 millions d'euros, dont 3 millions directement imputables à sa masse salariale.
Pour 2026, la feuille de route du président Jean-François Hoarau prévoit 3,29 millions d'euros d'économies, dont 1,61 million issu des mesures de redressement récemment arrêtées. Le levier principal : la non-reconduction de 25 à 30 contrats à durée déterminée de personnels non-enseignants (BIATSS) à la rentrée de septembre. Cette mesure doit dégager 444 000 euros d'ici la fin de l'année, et 1,32 million sur une année pleine.
Le non-remplacement de certains départs à la retraite de BIATSS titulaires représente une économie potentielle de 260 000 euros d'ici décembre, portée à 780 000 euros en 2027. Du côté des enseignants titulaires, les départs à la retraite ne seront compensés qu'à la marge, pour une économie estimée à 610 000 euros cette année et 1,31 million en 2027.
La masse salariale est au cœur du problème. Les dépenses de personnel ont progressé de 13,7 millions d'euros entre 2021 et 2025, passant de 108,2 à 121,9 millions d'euros, soit une hausse de 12,6 %. L'université attribue 70 % de cette progression à des décisions nationales : revalorisation du point d'indice (+4,53 millions d'euros), mesures salariales Guerini (+2,18 millions), ajustement du compte d'affectation spéciale pensions (+1,39 million) et déploiement de la loi de programmation de la recherche (+1,44 million). Ces charges, « non intégralement compensées par la dotation d'État », ont selon l'université « généré un effet de ciseau structurel entre des dépenses contraintes en forte hausse et des recettes progressant à un rythme insuffisant ».
Les dépenses de fonctionnement ont également fortement augmenté, passant de 13,203 millions d'euros en 2018 à 22,930 millions en 2025, soit +74 %. La facture d'énergie et d'eau potable a particulièrement pesé : elle atteignait 2,92 millions d'euros en 2025, en hausse de 129 % par rapport à l'année précédente. Jean-François Hoarau avait évoqué 500 000 euros liés à des fuites sur le réseau d'eau, ainsi que 12 millions d'euros de travaux de réhabilitation à financer.
D'autres pistes sont à l'étude : révision des primes enseignantes, réduction des dépenses de déplacement, hausse de la taxe d'apprentissage, et rationalisation de l'offre de formation avec une réduction du volume horaire comprise entre 15 000 et 20 000 heures, sans chiffrage précis à ce stade. Ces mesures concernent directement les quelque 1 500 agents et contractuels de l'établissement, ainsi que les 16 782 étudiants inscrits en 2025. Le vote de ce mardi s'annonce tendu : les syndicats, y compris celui des étudiants, ont déjà signifié leur opposition au projet, dans un contexte marqué par l'annonce d'une mission de l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche, révélée lors de la récente visite du ministre Philippe Baptiste à La Réunion.


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