« Ils sont entrés en force », dénonce Henri Lebon, président de l'Urcoopa. Jeudi 26 mars, la crise qui couvait à la coopérative agricole réunionnaise a basculé dans l'affrontement ouvert. En quelques heures, accusations de « coup d'État », éviction du directeur général et bataille judiciaire ont plongé la structure dans un blocage total.
Christian Dijoux, directeur général, a été contraint de quitter son bureau. « Ils m'ont expliqué qu'ils avaient été désignés président et vice-président du groupe. J'étais assez stupéfait », raconte-t-il. Devant le refus du dirigeant, la pression est montée. « Ils m'ont contraint et forcé à quitter mon bureau. Vraiment, je n'ai pas eu le choix. »
Henri Lebon pointe du doigt un conseil d'administration « improvisé » le 20 mars, où Terracoop et Sicalait se seraient « autoproclamés » à la tête de l'Union. Florent Mallet, administrateur et nouveau vice-président autoproclamé, conteste cette version et revendique une démarche « dans les règles » et « validée par le tribunal ».
« Il n'y a pas eu de putsch, on a pris nos responsabilités », martèle de son côté Olivier Boyer, qui se présente comme le nouveau président. Les deux camps ont déposé plainte et engagé des procédures d'urgence. Christian Dijoux annonce une « assignation à référé d'heure à heure » pour empêcher l'accès aux locaux.
Les salariés encaissent le choc. « Un sentiment très mitigé, entre l'inquiétude, la peur et un questionnement sur l'avenir de nos emplois », confie Gérald Ramalingom. La Chambre d'agriculture alerte sur le risque de perturbation des livraisons d'aliments pour les éleveurs, évoquant des « éleveurs pris en otage ».
Cette guerre de gouvernance fait vaciller la stabilité d'un pilier de l'agriculture réunionnaise. « On n'est pas en république bananière », lance Henri Lebon, défendant « l'outil coopératif » face à une crise dont l'issue judiciaire reste incertaine.


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