L'usine de potabilisation de Payet Go, qui devait entrer en service avant le 31 décembre 2024, ne sera finalement opérationnelle qu'à la fin de l'année 2028. Par un arrêté signé le 24 juillet, le préfet a accordé un nouveau calendrier à la CASUD, repoussant de quatre ans la mise en conformité du système d'alimentation en eau potable qui dessert une partie des habitants du Tampon, dont la Plaine des Cafres.
Les échéances sont fixées avec précision : la CASUD devra déposer son dossier d'autorisation sanitaire avant le 30 septembre 2026, engager les travaux avant le 1er février 2027, et mettre l'usine en service au plus tard le 31 décembre 2028. Benjamin Ramahefarigony, chargé des opérations eau potable à la CASUD, indique que ce dossier a été déposé en préfecture la semaine dernière. La désignation des entreprises par le conseil communautaire est attendue d'ici fin août.
L'État avait mis la CASUD en demeure en avril 2022, après avoir constaté que le traitement de l'eau issue du captage du Pont du Diable ne garantissait pas une sécurité sanitaire suffisante. Le nouvel arrêté préfectoral reprend ce constat : « la ressource exploitée pour l'alimentation en eau potable de la population est vulnérable aux pollutions de surface » et le traitement actuel « ne permet pas de garantir une sécurité sanitaire suffisante de l'eau distribuée ». L'eau du robinet reste aujourd'hui conforme aux contrôles de l'Agence régionale de santé, mais sa qualité peut se dégrader lors d'épisodes de fortes pluies. « L'usine a justement pour objectif de permettre de boire de l'eau issue du captage tout au long de l'année », explique Pascal Hoarau, directeur général des services techniques (DGST) de la CASUD.
Le retard tient à plusieurs facteurs, reconnaît Pascal Hoarau : difficultés de coordination avec les partenaires institutionnels et le bureau d'études, contraintes techniques liées au traitement d'une ressource spécifique, et recherche foncière. Près de 9 000 m² de terrain ont finalement été acquis à proximité du réservoir de tête de Payet Go, au Bois Court. Une piste d'utilisation des rejets de traitement pour l'irrigation avait été envisagée, puis abandonnée. Le plan de financement est désormais arrêté et une demande de subvention FEDER a été déposée.
Le coût prévisionnel de l'installation est estimé à 17 millions d'euros hors taxes. L'usine pourra produire jusqu'à 16 000 m³ d'eau potable par jour, de quoi alimenter entre 8 000 et 9 000 abonnés, soit « environ deux fois la population actuelle concernée », selon Pascal Hoarau. Deux réservoirs supplémentaires seront construits pour porter la capacité de stockage à 6 000 m³, offrant trois voire quatre jours d'autonomie en cas d'interruption. La CASUD avait déjà mis en service en octobre 2024 l'unité de potabilisation de Leveneur, d'une capacité de 30 000 m³ par jour, pour plus de 27 millions d'euros.
Sur la ressource en eau dans le secteur, Pascal Hoarau distingue la situation du Tampon de celle d'autres communes du Sud. « Il y a, certes, une baisse de la ressource mais elle n'a pas vraiment d'impact sur le territoire du Tampon, contrairement à Saint-Joseph. L'alimentation en eau au Tampon dispose encore de certaines marges de manœuvre et peut s'appuyer sur les interconnexions, contrairement à Saint-Joseph et, dans une moindre mesure, à Saint-Philippe », dit-il. Des études sont en cours à Saint-Joseph et à l'Entre-Deux, également visés par des arrêtés préfectoraux. Pascal Hoarau pointe par ailleurs la difficulté d'anticiper l'évolution de la ressource : « On ne peut pas se fier uniquement à la pluviométrie pour évaluer l'état de la ressource. La recharge des nappes dépend de nombreux facteurs. »


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