L'ancien site du parc Mirapolis, à Courdimanche dans le Val-d'Oise, est au cœur de négociations entre l'Élysée et des investisseurs saoudiens pour la création d'un parc à thème consacré à l'univers manga Dragon Ball. L'information a été révélée par le média européen Politico, puis confirmée par Le Parisien.
Selon Politico, qui cite trois sources proches du dossier, la présidence de la République discute depuis plusieurs mois avec Qiddiya Investment Company, filiale loisirs du fonds souverain saoudien Public Investment Fund. Les échanges se déroulent dans une stricte confidentialité. Ni l'Élysée ni Qiddiya n'ont fait de commentaire public. Aucun accord n'a été signé à ce stade.
Le montant de l'investissement n'est pas officiellement confirmé. Certaines sources évoquent un dossier dépassant le milliard d'euros, d'autres parlent de plusieurs milliards. Une ouverture avant le début des années 2030 paraît peu probable, compte tenu du stade des discussions et des délais habituels de construction pour un équipement de cette ampleur.
Le projet s'inscrit dans la continuité du sommet Choose France, tenu à Versailles, où le dirigeant de Qiddiya, Abdullah Aldawood, s'est entretenu avec Emmanuel Macron en 2025 puis en 2026. Un protocole d'accord mentionnant l'exploration d'un « projet majeur lié au tourisme et au divertissement en France » avait alors été signé. Qiddiya Investment Company a par ailleurs récemment ouvert une antenne à Paris.
Le parc envisagé à Courdimanche serait une version réduite du premier parc Dragon Ball au monde, actuellement en construction près de Riyad au sein du complexe de loisirs Qiddiya. Annoncé en mars 2024, ce projet saoudien doit s'étendre sur plus de 500 000 m² et comprendre attractions, hôtels et restaurants inspirés de l'œuvre du mangaka japonais Akira Toriyama, mort en 2024.
Le terrain de Courdimanche a une histoire singulière. Mirapolis y avait été inauguré en 1987 par Jacques Chirac, présenté alors comme le « Disneyland à la française » et articulé autour des contes et de la littérature française, avec une statue de Gargantua haute de 35 mètres. Le parc avait fermé dès 1991, après quatre saisons, confronté à des difficultés financières et une fréquentation insuffisante. Le site est à l'abandon depuis plus de trente ans. Détail qui ne manque pas de résonance : l'homme d'affaires Ghaith Pharaon figurait déjà parmi les principaux financeurs du projet initial.
Localement, les réactions restent mesurées. Le maire de Cergy aurait été informé du dossier, mais plusieurs élus locaux indiquent ne pas avoir été associés aux discussions. Le député du Val-d'Oise Aurélien Taché a indiqué vouloir rester vigilant sur ce dossier.


5 commentaires
Un site à l'abandon depuis trente ans, ça raconte quelque chose. Mirapolis avait voulu créer quelque chose de grand et d'identitaire autour de la culture française, Gargantua et tout ça, et la nature a repris ses droits en quatre saisons. Là on parlerait de Dragon Ball et de capitaux du Golfe sur ce même terrain. L'histoire du lieu est quand même sacrément ironique.
Ce qui me frappe c'est la mention d'une ouverture improbable avant les années 2030, des discussions confidentielles, des protocoles d'accord vagues. J'ai des patients qui ont monté des projets bien moins complexes et qui ont craqué sous la pression de l'incertitude bien avant le premier coup de pioche. Un chantier de cette ampleur, c'est aussi des années de stress pour les équipes qui portent le dossier, ça mérite d'en parler.
J'ai eu un client ce matin qui m'en parlait justement, il travaille dans le tourisme à Saint-Gilles. Il me dit que même Disneyland a mis des années avant de rentabiliser, alors un parc Dragon Ball financé par les Saoudiens... i fo voir. Moi je dis, les parcs à thème lé pa fasil à faire vivre, même avec des milliards derrière.
L'article évoque un « fonds souverain saoudien » sans préciser que le Public Investment Fund est directement contrôlé par l'État saoudien, ce qui soulève des questions de droit fiscal et de conventions bilatérales qui ne sont pas anodines pour ce type d'investissement en France. Ce n'est pas une nuance mineure quand on parle de plusieurs milliards d'euros engagés sur sol français.
Je vois pas trop le rapport avec ce qu'on vit nous ici, mais franchement un investissement d'un milliard pour un parc à thème en France et on est même pas capables d'aider les petits commerces de centre-ville à tenir le coup... ça fait réfléchir quand même.