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Économie bleue à Mayotte : pêche, aquaculture et plan COI 2025-2030

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Économie bleue à Mayotte : pêche, aquaculture et plan COI 2025-2030

Coopération régionale : Ce que le plan de la COI inspire pour l’économie maritime mahoraise - Crédit le journal de mayotte


La Commission de l'océan Indien (COI) a adopté un Plan d'action régional pour l'économie bleue couvrant la période 2025-2030. Ce document fixe un cadre destiné à aider les territoires de l'Indianocéanie à développer leurs activités maritimes — pêche, transport, tourisme, aquaculture — tout en préservant les écosystèmes marins.

À Mayotte, la filière pêche reste structurellement fragile. Plus de 50 % des besoins en produits de la mer sont couverts par des importations. Le cyclone Chido, qui a frappé l'île le 14 décembre 2024, a aggravé la situation : embarcations détruites, infrastructures endommagées, approvisionnement perturbé. « Les gens pensent que les destructions sont seulement sur la terre, mais dans l'océan aussi il y a eu beaucoup de dégâts », témoigne Abdou, artisan-pêcheur.

La COI pilote deux programmes susceptibles d'apporter des réponses à ces difficultés. SWIOFISH, soutenu par la Banque mondiale, et ECOFISH, financé par l'Union européenne, accompagnent les États dans la gestion des ressources marines et la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Les pêcheurs mahorais réclament des bateaux mieux adaptés et la possibilité de travailler au-delà des eaux côtières. « On a besoin d'équipements qui nous permettent d'aller pêcher au-delà, pas seulement dans les petites eaux mahoraises », précise Abdou. Il pointe aussi les pratiques frauduleuses qui pénalisent les professionnels locaux : « Il y en a qui achètent du poisson à Madagascar avant de le revendre ici. Décongeler puis recongeler les aliments peut nuire à la santé des consommateurs. Je trouve que c'est bien que des sanctions aient été prises. »

L'aquaculture constitue un autre axe de développement. Après un essor prometteur interrompu à partir de 2015, la filière peine à redémarrer malgré des conditions favorables : eau de qualité, température stable, sites déjà identifiés dans le lagon. Selon les données présentées par Invest in Mayotte, l'objectif est d'atteindre 1 000 tonnes de production annuelle d'ici 2050. Parmi les pistes évoquées figurent la création d'une écloserie, susceptible de bénéficier du Fonds Européen pour les Affaires Maritimes, la Pêche et l'Aquaculture (FEAMPA), et la mise en place d'une plateforme d'accompagnement pour les professionnels.

La formation est le troisième volet. Dans le cadre d'ECOFISH, la COI soutient une formation universitaire dédiée à l'économie bleue et à la gestion durable de la pêche. Ces échanges régionaux pourraient bénéficier aux jeunes Mahorais en leur ouvrant l'accès à des compétences dans les métiers de la mer.

La sécurité maritime relève du même périmètre. La COI accompagne les territoires dans l'amélioration de la sécurité des ports et de la navigation, avec le soutien de l'Union européenne et de plusieurs partenaires internationaux. Le port de Longoni, porte d'entrée maritime de Mayotte, est directement concerné par ces enjeux de surveillance et de lutte contre les trafics en mer.

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