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Jean-Jacques Coiplet (ARS Réunion) : priorités, défis et convictions

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Jean-Jacques Coiplet (ARS Réunion) : priorités, défis et convictions

"Si je pensais pouvoir tout régler, je deviendrais dangereux" : Qui est vraiment Jean-Jacques Coiplet, patron de l'ARS ? - Crédit Zinfos974 - Société


Arrivé à La Réunion en décembre, Jean-Jacques Coiplet dirige l'Agence régionale de santé du territoire depuis quelques mois. À 61 ans, il a déjà été à la tête des agences de Corse, de Bourgogne-Franche-Comté et des Pays de la Loire. Dans un entretien accordé à Zinfos974, il revient sur sa façon d'exercer le pouvoir, les défis sanitaires de l'île et ses convictions.

Une phrase résume assez bien sa posture : « Si je pensais pouvoir tout résoudre à moi seul, je deviendrais dangereux. » Pas de promesses impossibles, pas de recettes importées d'ailleurs. Coiplet dit être venu « comprendre avant de décider ». Il parle de responsabilité plutôt que d'autorité, et reconnaît volontiers que certaines de ses décisions auraient pu être prises autrement.

Sur les grands défis sanitaires, il place les maladies chroniques en tête : diabète, obésité, maladies cardiovasculaires, hypertension, insuffisances rénales — des pathologies qu'il relie directement aux conditions de vie. La santé mentale figure aussi parmi ses priorités. « Les besoins sont immenses », dit-il, en évoquant des investissements de « plusieurs dizaines de millions d'euros » pour renforcer les structures, développer les équipes mobiles et ouvrir de nouveaux dispositifs.

Le directeur refuse le terme de « désert médical ». Il lui préfère celui d'« inégalités d'accès aux soins » et note que les territoires sous-dotés sont souvent ceux où émergent les initiatives les plus innovantes. Sur l'attractivité médicale, il observe que les jeunes praticiens recherchent le travail en équipe, les maisons de santé, un secrétariat partagé et un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. « Notre responsabilité est de construire cet environnement », dit-il.

Les urgences saturées ? Un « révélateur », selon lui, pas un problème isolé. Les désengorger durablement suppose d'agir sur l'ensemble du parcours de soins : prévention, médecine de ville, structures aval. Même logique sur l'obésité : l'objectif affiché est d'en stopper la progression d'ici à 2030, en associant collectivités, industriels, producteurs et professionnels de santé. Sur les mille premiers jours de l'enfant, il est catégorique : « Si demain il ne me restait que dix euros pour financer une politique de prévention, je les investirais là. »

Sur les finances hospitalières, il se dit prudemment optimiste. Le Centre hospitalier universitaire a réduit son déficit « de manière significative », le GHER poursuit son redressement, le CHOR améliore sa situation. Un retour à l'équilibre du CHU est visé à l'horizon 2028. « Nous sommes sur la bonne trajectoire, mais rien n'est définitivement acquis », tempère-t-il.

La décision qu'il redoute le plus ? Fermer un service hospitalier faute de médecins ou parce que les conditions de sécurité ne seraient plus réunies. « Ce ne serait jamais pour des raisons budgétaires. Ce serait uniquement parce que je ne pourrais plus garantir la qualité et la sécurité des soins. » Sur le vieillissement de la population, il estime que La Réunion sous-estime encore l'ampleur du phénomène, et que le moment d'agir, c'est maintenant.

Quand on lui demande comment il décompresse, il parle de ses petits-enfants et de châteaux en Lego. « C'est probablement le meilleur moyen de garder les pieds sur terre. » Ce qu'il espère laisser comme souvenir aux Réunionnais ? Pas d'avoir été parfait. « Que j'ai fait de mon mieux. Que j'ai travaillé avec honnêteté. »

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