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Grève Derichebourg : 888 tonnes non collectées à Saint-Pierre

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Grève Derichebourg : 888 tonnes non collectées à Saint-Pierre

Déchets dans le Sud : certains quartiers respirent, d’autres débordent toujours - Crédit Zinfos974 - Société


La grève des salariés de Derichebourg OI, engagée le 13 juillet, paralyse toujours la collecte des déchets à Saint-Pierre et Petite-Île. Ce vendredi, si certains axes centraux semblaient mieux dégagés, la situation reste fortement dégradée dans une grande partie des quartiers des deux communes.

Les chiffres transmis par la Civis donnent la mesure du retard accumulé. Entre le 13 et le 30 juillet, 888 tonnes d'ordures ménagères ont été ramassées sur les 1 408 tonnes attendues, soit 63 % du service normal. Le bilan est bien plus lourd sur les autres flux : la collecte sélective n'a été assurée qu'à 9 %, celle des encombrants à 6 %, et les déchets végétaux à 1 %.

Ce déséquilibre explique ce que l'on observe sur le terrain. Au centre-ville, le long du front de mer et à Terre-Sainte, les bacs verts ont souvent été enlevés. Les commerçants des secteurs prioritaires bénéficient d'un passage supplémentaire. Mais à quelques dizaines de mètres, le décor change. De l'autre côté de l'avenue du Président-Mitterrand, des bacs verts encore pleins, des mouches, des asticots. Les habitants continuent de sortir leurs poubelles sans savoir quand elles seront collectées.

Les quartiers d'habitat collectif et les logements sociaux concentrent les difficultés les plus visibles. À la Ligne des Bambous, à Bassin Plat, à Bois d'Olives, déchets verts, sacs et encombrants s'accumulent. À la Ravine des Cabris, certains secteurs ont eu plus de chance ce vendredi, avec le ramassage des bacs verts et jaunes. La collecte de substitution mandatée par la Civis permet de traiter les points les plus urgents, pas de combler l'ensemble du retard.

Les grévistes, contactés ce vendredi, indiquent espérer une réunion avec la direction en début de semaine prochaine, sans qu'aucune garantie n'existe à ce stade. Les négociations restent bloquées.

Face à cette situation, David Lorion, maire de Saint-Pierre et président de la Civis, a adressé jeudi un courrier au préfet. Il y réclame une évaluation sanitaire par l'ARS, la sécurisation des collectes et l'examen de réquisitions temporaires si la situation l'exige. La Civis signale des risques sanitaires concrets : présence de nuisibles, odeurs, dépôts sauvages et risques d'incendie dans les secteurs les plus touchés.

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6 commentaires

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R
Roselyne 31/07/2026 à 15:45

Nous dans les hauts on a nos propres soucis avec les déchets verts mais je pense souvent à ceux du bas en ce moment. Trois semaines sans collecte sélective à 9 %, c'est du travail de tri jeté à la poubelle, au sens propre.

L
Lastron-Leïla 31/07/2026 à 15:36

Ce qui me frappe c'est que la Civis communique via un courrier au préfet, très bien, mais pendant ce temps les habitants de Bois d'Olives cherchent des infos en direct sur les réseaux et trouvent quasiment rien d'officiel. Une cellule de crise avec des updates quotidiennes par quartier, ça coûte pas grand chose à mettre en place et ça évite la désinformation qui circule. Les domoun s'organisent entre eux sur les groupes WhatsApp depuis deux semaines, c'est eux qui font le boulot d'information.

B
Boug du Lagon 31/07/2026 à 14:17

Les déchets qui s'accumulent en ville finissent toujours quelque part, et ce quelque part c'est souvent les ravines puis la mer. On est en pleine saison, les touristes sont là, et on va encore retrouver des sacs plastique sur les tombants de Saint-Pierre. Je comprends que les grévistes défendent leurs conditions, mais l'ARS aurait dû intervenir bien avant que le maire soit obligé d'écrire au préfet.

S
Sandrine 31/07/2026 à 14:14

Les chiffres de la Civis sont parlants : 9 % de collecte sélective sur la période, c'est quasiment zéro. Ce qui m'intéresse c'est de savoir ce que ça coûte réellement à la collectivité, entre la collecte de substitution mandatée, les pénalités éventuelles au contrat et le rattrapage qui devra suivre. Ces montants-là ne sont jamais communiqués.

J
Jean-Claude B. 31/07/2026 à 14:08

J'ai eu des clients de Bois d'Olives toute la semaine, i fo voir la tête qu'ils font en montant dans le taxi. Tout le monde me dit la même chose : ça sent, y'a des rats, et personne sait quand ça va reprendre. Un gars m'a dit que son voisin a commencé à brûler ses sacs dans le jardin tellement il en pouvait plus. C'est là que ça devient dangereux.

O
Olivier 31/07/2026 à 14:01

Quand on laisse les déchets verts pourrir au bord des routes pendant trois semaines en plein hiver austral, c'est des foyers de mouches et de ravageurs qu'on crée. Chez nous au Tampon on connaît les dégâts que ça peut faire sur les cultures alentour. La coopérative a eu des retours de producteurs qui voient déjà les conséquences sur leurs parcelles proches des zones non collectées. Une grève c'est un droit, mais les négociations auraient dû aboutir bien avant d'en arriver là.