Le conseil municipal de Bras-Panon a adopté à l'unanimité, ce mercredi 1er juillet, la création de 70 postes contractuels pour assurer l'ouverture des écoles à la rentrée d'août. Le surcoût lié au seul personnel scolaire dépasse le million d'euros pour la commune.
La décision fait suite à l'effondrement du quota de contrats Parcours emploi compétences (PEC) attribués à la ville. Le maire Jeannick Atchapa a chiffré la chute : « On était environ à 150 contrats annuels, on est passé à 11. (…) On se retrouve avec du jour au lendemain plus de dix fois moins de personnel. »
Les 70 postes se répartissent entre 12 agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM), 31 agents de restauration scolaire et 27 auxiliaires polyvalents — exclusivement dans les établissements scolaires. Le maire a présenté ce volume comme le plafond que la commune peut absorber : « C'est l'effort maximum que la ville peut faire. »
Les services techniques, environnement et sports ne verront aucun des PEC perdus remplacés. « Le problème qui va venir maintenant, c'est comment on va faire fonctionner le service environnement, le service technique, le service des sports et consorts », a reconnu Jeannick Atchapa. Il a qualifié la situation d'« inédite » et dénoncé une décision tombée sans préavis : « On ne nous a pas laissé le temps de nous préparer. »
La séance n'a pas été sans friction. La conseillère d'opposition Lise-May Turpin (Rassemblement national) a reproché à la majorité un manque d'anticipation, en rappelant au passage la majoration des indemnités des élus votée en début de mandature : « Monsieur le Maire, il fallait anticiper, gérer une commune, c'est anticiper. Vous n'avez pas anticipé et mettre la faute sur l'État, c'est trop facile. » Jeannick Atchapa a d'abord contesté ce qui concernait ses indemnités personnelles, avant de répliquer : « Madame Turpin, vos propos en disent long sur votre éloignement de la responsabilité publique (…) Vous êtes totalement éloignée de la fonction de gérer une commune. »
Une seconde passe d'armes a opposé le maire à Patricia Profil, élue d'opposition, qui a soulevé un risque juridique lié au recours à des contrats temporaires pour couvrir des besoins qu'elle juge permanents. Jeannick Atchapa a assuré que les recrutements resteraient dans le cadre légal, avant de lancer : « C'est plutôt la Région qui fait les honneurs du tribunal que la commune de Bras-Panon. » Patricia Profil lui a rappelé qu'elle intervenait ce soir-là en qualité de conseillère municipale, et non d'élue régionale.


5 commentaires
Ici à Salazie on connaît ça, quand l'État coupe les aides du jour au lendemain sans prévenir, c'est toujours les familles des hauts qui trinquent les premières. Les parents qui travaillent la terre tôt le matin, ils comptent sur la cantine et les ATSEM pour leurs marmaille, c'est pas un luxe, c'est une nécessité. Un million d'euros de surcoût pour une petite commune, lé pa fasil à absorber, surtout quand les recettes ne suivent pas la saison.
Le maire le dit lui-même, les services techniques et environnement ne verront aucun remplacement. À Bras-Panon on est proche des rivières, des espaces naturels, un service environnement sous-staffé c'est un risque réel et pas seulement pour les bilans de fin d'année. On a vu ce que donne l'abandon de l'entretien des cours d'eau dans le péi, les prochaines saisons des pluies vont tester tout ça.
Les échanges entre le maire et l'opposition donnent plus l'impression d'un règlement de comptes que d'un vrai débat sur l'avenir des écoles.
Ce qui me frappe c'est le manque de communication en amont, passer de 150 contrats à 11 sans préavis c'est une info qui aurait dû fuiter bien avant le conseil municipal. Les communes i fo qu'elles aient des canaux pour anticiper ce genre de décision de l'État, pas découvrir ça du jour au lendemain.
31 agents de restauration scolaire à recruter d'un coup, c'est pas rien. Moi qui travaille dans la restauration tous les jours, je sais ce que ça représente comme boulot, gérer des repas pour des dizaines de marmailles chaque midi, y'a pas de place à l'improvisation. Mais bon, quand l'État coupe les PEC sans prévenir, la commune elle fait comment ? Elle fait avec ce qu'elle a.