La ville de Saint-Denis a lancé mercredi les travaux du futur mail et de l'esplanade jouxtant la Fabrik, dans le quartier du Butor. La livraison est attendue pour la fin du second semestre 2026.
Inscrit dans le cadre du PRUNEL, le projet prévoit la suppression de grandes surfaces de béton et de bitume au profit d'espaces verts. Les habitants disposeront à terme d'une place arborée, de gradins ombragés, d'un amphithéâtre de plein air, ainsi que de cheminements piétons et cyclables.
La maire de Saint-Denis, Ericka Bareigts, a décrit un espace resté quasiment figé depuis plusieurs décennies, qu'elle juge fortement minéralisé et enclavé. « On vient enlever tout ce qui était bitume, béton. On va végétaliser cet espace (...) on fait respirer les habitants qui étaient un peu enfermés et enclavés », a-t-elle déclaré lors du point d'étape.
L'aménagement doit également renforcer les liaisons entre le boulevard Léopold-Rambaud, le Transport en Commun en Site Propre et les équipements du quartier. Le secteur est bordé par le Théâtre de Champ-Fleuri, la Cité des Arts et la Fabrik. L'amphithéâtre de plein air prévu sur place accueillera des projections de cinéma et des spectacles de proximité. « Le fait d'ouvrir le quartier (...) pour que la culture rentre dans le quartier et que le quartier rentre dans la culture, c'est vraiment un acte de démocratisation et d'hyper proximité », a dit Ericka Bareigts.
Le lancement des travaux a été marqué par la plantation symbolique d'un olivier, que la municipalité dit préférer aux traditionnelles premières pierres. La végétalisation vise à créer des îlots de fraîcheur dans une ville que la maire décrit comme particulièrement dense, avec plus de 1 000 habitants au kilomètre carré. « Nous voulons aujourd'hui reconnecter les gens à la terre (...) Les arbres, c'est la production de bien-être, une baisse des températures, mais aussi des fruits. Nous nous réapproprions progressivement cette relation avec la nature », a-t-elle ajouté.


8 commentaires
Les cheminements piétons et les espaces verts ombragés, ça a un impact réel sur la santé quotidienne des habitants, pas que symbolique. J'ai des patients qui travaillent autour de ce secteur et qui mangent leur repas du midi dans la voiture faute d'un endroit décent pour s'asseoir dehors. Un amphithéâtre ombragé et des bancs sous des arbres, ça change concrètement les habitudes, et à long terme ça réduit le stress et l'isolement. On sous-estime beaucoup l'effet de l'environnement immédiat sur la santé mentale des actifs.
La plantation d'un olivier pour symboliser le lancement, c'est un beau geste, mais j'espère que les arbres choisis pour tout le reste du projet seront des essences vraiment adaptées au péi-la, pas des espèces importées qui tiennent pas à la chaleur et aux cyclones. On a des tamariniers, des badamiers, des flamboyants qui font bien plus de sens ici. Les gens de la ville parlent souvent de reconnecter à la nature, mais la nature réunionnaise a ses propres règles, et ça commence par planter ce qui est d'ici.
@Nadine Saint-Louis, vous avez raison, et on pourrait citer bien d'autres quartiers du péi-la où les annonces ont duré plus longtemps que les travaux. Espérons quand même.
Il y a dans ce projet quelque chose qui rappelle ce que l'urbaniste Jan Gehl a longuement défendu dans ses travaux : la ville doit être pensée pour les gens qui y vivent, pas pour les voitures ni pour le béton. Végétaliser le Butor, c'est reconnaître qu'un quartier se construit aussi par ses espaces de respiration, pas seulement par ses bâtiments. L'amphithéâtre de plein air me plaît particulièrement, parce que la culture de proximité, celle qu'on ne va pas chercher, qui vient à vous, a une puissance de lien social que les grandes institutions n'arrivent pas toujours à créer. Ce que dit Bareigts sur la démocratisation culturelle n'est pas qu'une formule, c'est une vraie question d'accessibilité symbolique. Il faudra juste s'assurer que la programmation suive, sinon l'amphithéâtre restera une belle coquille vide.
Une précision utile : le PRUNEL (Programme de Renouvellement Urbain de Nouvelle Génération) implique des cofinancements ANRU dont les modalités de gouvernance sont strictement encadrées. La livraison annoncée fin 2026 me semble optimiste compte tenu des délais habituels de ce type de procédure, mais rien d'impossible si les marchés publics ont déjà été notifiés.
Ça me fait penser à ce qu'ils ont tenté côté Saint-Louis avec notre centre-ville, les belles promesses de redynamisation et au final y'a quand même des volets fermés partout. J'espère sincèrement que pour le Butor ça se passera mieux, les espaces verts c'est bien mais si ça attire pas les gens à sortir de chez eux et à consommer local, les commerces du coin vont pas en voir la couleur. Le lé bon d'avoir une place arborée, encore faut-il qu'elle soit vivante.
Ce qui me touche dans cette démarche, c'est l'idée de réconcilier un quartier avec ses équipements culturels, le Théâtre de Champ-Fleuri et la Cité des Arts sont là depuis longtemps mais restent souvent perçus comme hermétiques par les habitants du Butor. L'amphithéâtre de plein air pourrait vraiment changer ça, à condition que la programmation soit pensée avec les associations locales et pas seulement importée de l'extérieur. On a des recherches assez claires sur ce sujet : la appropriation d'un espace public passe par l'implication des riverains dès la conception, pas seulement à la livraison. J'espère que la mairie aura prévu des ateliers participatifs dans la durée.
Le projet est sympa sur le papier, mais j'aimerais voir les chiffres réels : combien de mètres carrés débitumisés, quel budget total, et surtout quel pourcentage vient de subventions PRUNEL versus budget propre de la ville. Les discours sur la végétalisation sont beaux, mais sans indicateurs concrets de suivi thermique avant/après, comment on mesure l'impact réel sur les températures ?