Marine Le Pen a déclaré mercredi 1er juillet sur LCI qu'elle renoncerait à se présenter à la présidentielle de 2027 si elle devait mener sa campagne sous bracelet électronique, même dans le cas où la justice l'autoriserait à être candidate.
« Si je peux être candidate, je serai candidate pour peu que je puisse faire campagne », a affirmé la présidente du groupe Rassemblement national à l'Assemblée nationale, avant d'ajouter : « Quand on est un candidat à la présidentielle, il faut être totalement libre de ses mouvements. » Devoir obtenir l'accord d'un magistrat pour participer à des meetings ou pour se déplacer rendrait, selon elle, une telle campagne impossible.
Ces déclarations surviennent à quelques jours d'une échéance judiciaire. La cour d'appel de Paris doit rendre son arrêt mardi 7 juillet dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Rassemblement national. Condamnée en première instance à une peine d'inéligibilité assortie de l'exécution provisoire, Marine Le Pen — qui avait affronté Emmanuel Macron au second tour des présidentielles de 2017 et de 2022 — voit une part de son avenir politique suspendue à l'issue de cette procédure d'appel.


3 commentaires
Attends, je comprends pas bien l'article. Si elle est condamnée à l'inéligibilité, la question du bracelet électronique ne se pose même plus, non ? Y'a un problème de logique dans la construction du propos ou c'est moi qui rate quelque chose ?
Il y a quelque chose de presque tragique au sens classique du terme dans cette déclaration. On pense à ces figures politiques chez Sophocle ou chez Plutarque dont le destin bascule non pas sur le champ de bataille mais dans une salle d'audience. Le bracelet électronique comme symbole d'une liberté de mouvement confisquée, c'est une image qui dit beaucoup sur l'état de nos démocraties quand le judiciaire et le politique se croisent de cette façon. Je ne prends pas parti sur le fond, mais narrativement, c'est un moment historique.
C'est quand même une situation inédite dans une grande démocratie occidentale, un potentiel candidat à la présidentielle dont l'avenir électoral dépend d'un arrêt de cour d'appel à quelques années d'un scrutin majeur. Je me souviens qu'en Italie avec Berlusconi on avait eu des situations un peu similaires, mais ça ne ressemblait pas exactement à ça. Curieux de voir comment les institutions françaises vont absorber ce cas.