Ce mercredi 1er juillet, des agents de la DEETS de La Réunion ont contrôlé Ti Soap Péi, un fabricant de savons installé au Tampon. Aucune anomalie n'a été relevée. L'entreprise, fondée en 2019 et reprise en 2025 par Jannick Blard, a été soumise à une vérification portant sur la composition de ses produits et leur conformité réglementaire.
Ce type de contrôle ne s'interrompt pas pendant les vacances scolaires. En 2025, 36 agents de la DEETS ont contrôlé environ 1 300 entreprises sur l'île. Ces interventions ont abouti à près de 400 avertissements et injonctions, une centaine de procès-verbaux en matière pénale, et des amendes administratives et pénales dépassant les 3 millions d'euros.
« Aujourd'hui, on est dans l'action des inspecteurs, qui ont pour mission de protéger le consommateur », déclare Arnaud Pouly, directeur de la DEETS Réunion. La direction compte environ 200 agents répartis dans plusieurs services, dont des inspecteurs spécialisés dans la concurrence, la consommation et la répression des fraudes, au-delà de l'inspection du travail.
Le champ d'intervention est large : cosmétiques, jouets, produits de puériculture, bijoux, dispositifs médicaux, produits électriques, engins de mobilité, restauration, ventes en ligne. Sur ce dernier point, les inspecteurs procèdent désormais à des achats en ligne en tant que clients mystères, avant d'analyser les produits reçus.
Chez Ti Soap Péi, le contrôle portait précisément sur le secteur des cosmétiques, soumis à une réglementation stricte avant toute mise sur le marché. Denise Payet, inspectrice de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, rappelle que les ingrédients naturels ne sont pas sans risque : « Les huiles essentielles, ce n'est pas du tout anodin. » Elle note que les petits fabricants méconnaissent parfois la réglementation, notamment quand la frontière entre production personnelle et vente au public n'est pas clairement perçue. Un toxicologue doit attester que les mélanges ne présentent pas de danger pour le consommateur.
La DEETS assume un rôle pédagogique quand les manquements tiennent à la méconnaissance plutôt qu'à une volonté de tromper. « On fait en sorte que le chef d'entreprise puisse rentrer dans les clous assez rapidement », précise Arnaud Pouly. Lorsqu'une tromperie ou un risque sérieux est identifié, le dossier peut basculer vers des suites pénales ou des amendes plus lourdes. Le directeur cite le retrait récent du marché d'un parfum fabriqué à La Réunion, après détection de substances susceptibles de présenter un danger. Les consommateurs peuvent signaler des fraudes ou irrégularités sur le site Signal Conso.


6 commentaires
De mon temps on faisait nos savons à la maison avec la cendre et le saindoux, personne venait vérifier quoi que ce soit. Mais on ne vendait pas non plus, c'était pour la famille. C'est là toute la différence, et il faut croire que les jeunes d'aujourd'hui ont du mal à la voir.
Le truc des achats en ligne en clients mystères c'est vraiment intéressant, pas sûr que beaucoup de vendeurs sur les marketplaces locales le sachent. Ça mériterait un article à part entière sur le e-commerce réunionnais et les obligations que les petits entrepreneurs oublient souvent.
3 millions d'amendes pour 1 300 contrôles, la moyenne parle d'elle-même.
Moi la DEETS je les connais bien, ils sont déjà passés voir mon food truck deux fois. Franchement lé pa fasil de tout connaitre comme réglementation quand on démarre, les étiquetages, les températures, le registre... mais bon, une fois qu'on est dans les clous c'est réglé. Ce qui m'intéresse c'est la partie restauration, 3 millions d'amendes sur l'île c'est quand même pas rien, ça veut dire que des gens se faisaient avoir quelque part.
Quand on est tout petit fabricant comme cette dame de Ti Soap Péi, on fait les choses avec le coeur et on ne pense pas forcément à tous ces papiers. C'est bien que les inspecteurs prennent le temps d'expliquer avant de sortir les amendes, ça c'est humain. Dans les hauts, on connaît des gens qui vendent leurs produits naturels au bord de la route, j'espère qu'on les accompagne pareil.
Je ne savais pas que la DEETS faisait aussi des contrôles sur les cosmétiques, je pensais que c'était uniquement pour le droit du travail. En métropole j'entendais surtout parler de la DGCCRF pour ce genre de vérifications, c'est la même chose ici sous un autre nom ou vraiment une structure différente ? L'histoire du parfum retiré du marché m'interpelle, est-ce qu'on peut savoir quels produits ont été concernés ou c'est confidentiel ?