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Collectivités ultramarines : des finances fragilisées mais résistantes en 2025

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Collectivités ultramarines : des finances fragilisées mais résistantes en 2025

Santé financière des collectivités d’Outre-mer : des trajectoires fragiles et contrastées - Crédit le journal de mayotte


L'écart de notation entre les communes d'Outre-mer et celles de l'Hexagone s'est réduit en 2025, passant de 0,88 point à 0,74 point, selon le 7e baromètre de l'Agence France Locale (AFL). Une amélioration relative, qui recouvre des réalités très différentes selon les territoires.

Les collectivités ultramarines font face à des fragilités structurelles que les dernières années ont aggravées : épisodes climatiques exceptionnels, dont Chido et la crise de l'accès à l'eau à Mayotte, tensions sur certaines filières économiques, hausse des besoins sociaux. Les besoins d'investissement restent élevés, qu'il s'agisse de rattrapage en équipements, de réhabilitation d'infrastructures ou d'adaptation au changement climatique. « Les capacités d'autofinancement des collectivités ultramarines restent souvent plus contraintes que dans l'Hexagone et l'accès au crédit peut également y être plus restreint », indique l'AFL.

La Guadeloupe s'impose comme le territoire d'Outre-mer le mieux noté à l'échelon communal. L'AFL pointe « un rebond du taux d'épargne brute au niveau de 2023 (11,6 %) et un endettement qui reste faible », avec des recettes réelles de fonctionnement en hausse de 4,4 % contre 1,4 % pour les dépenses, portées notamment par un octroi de mer en progression de 3,1 %. Le stock de dette, déjà limité, a encore reculé de 2,3 %.

Mayotte et la Guyane affichent une stabilité relative après une année 2024 dégradée. Leur endettement demeure faible, respectivement 55 % et 18 %, mais l'épargne dégagée l'est tout autant : 9,5 % et 3,8 %. L'AFL juge ces territoires « résilients sur l'exercice » tout en pointant leur fragilité, « compte tenu du peu de marge dégagée en section de fonctionnement ». La Martinique et La Réunion voient quant à elles leurs ratios se dégrader légèrement, avec un profil budgétaire que l'AFL décrit comme « relativement similaire ».

Du côté des groupements de communes à fiscalité propre, la tendance est à la dégradation. La notation moyenne recule de 0,73 point. Les recettes de fonctionnement, très dynamiques lors des deux exercices précédents, ont quasiment stagné en 2025 (+0,4 %), tandis que les dépenses ont continué de croître (+3,6 %). L'épargne brute a chuté de 20,6 % et le stock de dette a légèrement augmenté (+1,2 %), en partie sous l'effet d'une hausse de 15 % des dépenses d'équipement. Seule la Martinique échappe à cette tendance parmi les territoires ultramarins.

Pour Yann Doyen, directeur des engagements de l'AFL, ce baromètre « met moins en évidence un retour à la normale qu'une capacité de résistance sous contrainte ». Il ajoute que « le véritable enjeu n'est plus seulement le niveau d'investissement, mais sa soutenabilité dans la durée, appelant plus que jamais à une lecture nuancée et prudente des équilibres financiers locaux ».

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