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Autonomie de la Corse : la LR réunionnaise alerte sur le risque pour La Réunion

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Autonomie de la Corse : la LR réunionnaise alerte sur le risque pour La Réunion

Sandrine Aho-Nienne : "Autonomie : aujourd'hui la Corse, demain La Réunion ?" - Crédit Zinfos974 - Politique


La présidente de la fédération Les Républicains de La Réunion, Sandrine Aho-Nienne, a publié une tribune pour dénoncer le vote en première lecture du projet de loi constitutionnelle sur l'autonomie de la Corse. Le texte a été adopté à l'Assemblée nationale avec l'appui de la grande majorité des députés réunionnais, à l'exception du Rassemblement national.

Pour Aho-Nienne, ce vote est un signal d'alarme pour l'avenir institutionnel de La Réunion. Elle pointe en particulier le rôle des députés proches d'Huguette Bello. La présidente de région avait signé, en mai 2022, « l'Appel de Fort-de-France » avec des présidents de collectivités antillaises — un texte que certains élus de sa mouvance présentent ouvertement comme un premier pas vers l'autonomie. Aho-Nienne cite la députée Emeline K/Bidi, qui avait déclaré en 2022 sur Réunion La Première vouloir voir La Réunion « changer de statut ».

La tribune conteste également les conditions dans lesquelles la réforme a été conduite en Corse. La « consultation des maires » annoncée en amont aurait pris la forme d'un email envoyé un samedi à 18 heures, la veille de la Fête des Pères, l'absence de réponse le lendemain étant interprétée comme un accord tacite.

Sur l'origine politique du texte, Aho-Nienne rappelle que le gouvernement avait proposé d'« aller jusqu'à l'autonomie » en 2022 pour apaiser les émeutes qui avaient suivi le meurtre d'Ivan Colonna, lui-même meurtrier du préfet Claude Erignac en 1998. Emmanuel Macron avait confirmé cette orientation en 2023 en annonçant une « autonomie dans la République ». Pour la responsable LR, l'État aurait cédé à la violence, comme il l'aurait fait en Nouvelle-Calédonie après les émeutes de mai 2024.

Aho-Nienne élargit ensuite le tableau : la Polynésie dirigée par des indépendantistes, la Guyane, la Martinique et la Guadeloupe plaçant l'autonomie à leur agenda, et Jean-Luc Mélenchon annonçant l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie tout en ayant promis l'autonomie aux DOM. Elle conclut que « notre appartenance à la République et la marche vers l'Égalité réelle sont directement mises en danger par la tenaille Macron-Mélenchon », estimant que « l'autonomie n'est jamais que le premier pas vers l'indépendance ».

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8 commentaires

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M
Marie-Hélène 27/06/2026 à 09:58

Ce que dit Sandrine Aho-Nienne sur la trajectoire comparée des territoires mérite qu'on s'y arrête sérieusement. L'histoire institutionnelle de la Polynésie ou de la Nouvelle-Calédonie montre que les étapes vers une plus grande autonomie s'enchaînent rarement de façon linéaire, mais qu'elles sont difficiles à inverser une fois engagées. Ce que les chercheurs en droit constitutionnel comme Ferdinand Mélin-Soucramanien ont bien documenté, c'est que chaque réforme du cadre statutaire crée des précédents que les acteurs locaux s'approprient. Cela ne veut pas dire que l'autonomie est mauvaise en soi, mais que le débat public doit être informé, large, et ne pas se réduire à des emails le samedi soir.

M
Margaux 27/06/2026 à 09:30

Question sincère de ma part, parce que je viens d'arriver et que je découvre ces débats au fur et à mesure : est-ce que les gens qui gèrent des hébergements touristiques comme nous seraient vraiment impactés si le statut changeait ? On bénéficie de dispositifs liés à l'outre-mer pour notre financement, et honnêtement je ne sais pas si c'est garanti à long terme. En métropole on n'entend pas du tout ce sujet pareil.

P
Polo 27/06/2026 à 08:21

@Marie, tu as raison sur la défiscalisation, mais moi ce qui me préoccupe c'est plus bas dans la chaîne. Si les dispositifs d'aide aux TPE bougent, les petits artisans comme moi on est les premiers à trinquer. Mes marges sont déjà serrées face aux grandes surfaces, et je négocie chaque kilo avec mes éleveurs locaux pour tenir. On n'a pas de coussin pour absorber un changement de règles du jeu.

T
Tom de l'Étang 27/06/2026 à 08:12

Ce qui me frappe dans ce débat, c'est que personne ne parle des professionnels de santé libéraux. Si le statut change, les conventions avec l'Assurance maladie, les tarifs, les remboursements, tout ça peut être remis à plat. J'ai des patients indépendants qui sont déjà sous pression maximale, et rajouter de l'incertitude sur leur couverture sociale ou sur la mienne, c'est un facteur de stress supplémentaire que personne ne mesure vraiment.

Z
Zoubi 27/06/2026 à 07:17

Moi mes clientes i parlent de ça en ce moment, et franchement la plupart savaient même pas que leurs députés avaient voté pour. On dirait que pour certains sujets le péi-la apprend les choses après tout le monde.

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Kelly 27/06/2026 à 07:12

Ce que je retiens c'est cette histoire de consultation des maires par email un samedi soir, silence valant accord. Dans n'importe quelle entreprise, si on gérait les décisions importantes comme ça, ça serait une faute de management grave. Appliquer ça à une réforme constitutionnelle, franchement, ça dit beaucoup sur la façon dont certains élus considèrent les gens qu'ils représentent.

T
Thierry Lebon 27/06/2026 à 07:06

Une précision s'impose sur un point souvent mal compris : l'autonomie n'implique pas automatiquement la sortie du droit fiscal commun. Des territoires autonomes comme la Polynésie française bénéficient d'un régime fiscal propre depuis des décennies, sans être indépendants pour autant. Cela ne contredit pas les inquiétudes exprimées dans cette tribune, mais il faut éviter les raccourcis qui brouillent le débat.

M
Marie 27/06/2026 à 07:01

Ce qui me préoccupe dans tout ça, c'est l'impact concret sur nos entreprises si le statut de l'île change. Les aides, les dispositifs sociaux, la défiscalisation, tout ça repose sur notre lien à la République. Pour moi qui emploie des salariés au Tampon, c'est pas une question abstraite.