Espace membre :

Suivez-nous

Plan Zérodrogue à La Réunion : 60 actions contre le narcotrafic

Partager sur :
Plan Zérodrogue à La Réunion : 60 actions contre le narcotrafic

"Mobilisation générale" : la préfecture présente son grand plan pour la lutte contre les drogues et le narcotrafic - Crédit Zinfos974 - Société


Ce vendredi 26 juin, le préfet Patrice Latron a réuni institutions, collectivités, services de l'État et représentants de la société civile dans l'amphithéâtre bioclimatique pour présenter le plan #Zérodrogue. Trois axes, 60 points d'action, mais aucun moyen supplémentaire annoncé : la préfecture parie sur une meilleure coordination des forces en place.

La journée a débuté par des témoignages d'anciens consommateurs. Jonathan, ex-addict à la cocaïne, a raconté devant l'assemblée une trajectoire faite de travail saisonnier dans l'Hexagone, de dépendance à la cocaïne et à l'alcool, de perte d'emploi, puis d'un retour à La Réunion sans ressources avant un long parcours de soins. Son témoignage a précédé les interventions du réseau Kaz'oté et d'addictologues actifs sur le territoire.

Le volet prévention a été porté par Jean-Jacques Coiplet, directeur de l'Agence régionale de santé, qui a annoncé avoir doublé les crédits alloués à ce secteur. L'objectif affiché : sensibiliser 10 000 jeunes dès la prochaine rentrée scolaire, via des interventions renforcées dans les établissements et la création de brigades mobiles chargées d'aller directement au contact de la population.

Sur le front de la répression, le Grand Port Maritime a été identifié comme un autre point sensible, aux côtés de l'aéroport de Roland Garros. Une charte a été signée avec la Police nationale pour y renforcer la présence des forces de l'ordre, renseignements territoriaux et police judiciaire compris. Huit agents des douanes vont rejoindre les effectifs réunionnais, dont un maître-chien spécialisé dans la détection d'argent liquide. Un numéro vert sera ouvert au sein du port pour signaler des comportements suspects. La coopération internationale avec Maurice et les Seychelles doit par ailleurs être intensifiée.

Le troisième axe porte sur la communication : lancement d'une campagne régionale, création d'une bannière et d'un slogan communs, mise en avant des initiatives locales existantes. Un QR code permet à tout citoyen de rejoindre ce que l'État appelle la « mobilisation générale ».

« La chose à retenir : la mobilisation générale. On a besoin que tous ceux qui ont une part de responsabilité [...] s'engagent pour protéger nos enfants », a déclaré le préfet Latron. « Il faut qu'on diminue cette demande de drogue. » La préfecture juge ses moyens « suffisants » et revendique un changement d'approche : « Ne réduisez pas tout à la répression. On mobilise les gens pour ce qu'ils peuvent faire à leur niveau. C'est l'axe nouveau. »

Source

7 commentaires

Écrivez votre commentaire...
L
Lulu 26/06/2026 à 16:38

@Naïma94, tu mets le doigt sur quelque chose de vrai. Moi sur le front de mer à Saint-Pierre j'ai des clients qui me parlent de leurs gamins, des histoires qui font mal à entendre. Des intervenants formés pour aller dans les quartiers, les établissements, ça coûte du monde et du temps, et on peut pas juste sortir un chiffre de 10 000 jeunes sans expliquer avec qui et comment. Alé, j'espère quand même que ça avance parce que les domoun en ont vraiment besoin.

O
Olivier 26/06/2026 à 16:29

60 actions, c'est bien sur le papier, mais sans moyens supplémentaires ça ressemble à ce qu'on nous sort à la coopérative quand il faut serrer la ceinture : on réorganise, on coordonne, et au final c'est les mêmes gens qui font plus avec autant. Le travail saisonnier dans l'Hexagone évoqué dans le témoignage de Jonathan, ça parle à beaucoup de jeunes du Tampon qui partent cueillir des fruits ou couper de la vigne et reviennent parfois avec des habitudes difficiles à décrocher. On le voit dans les familles autour de chez nous.

A
Anaëlle 26/06/2026 à 15:22

Le témoignage de Jonathan en ouverture, je trouve ça fort comme choix pédagogique. Est-ce que quelqu'un sait si ces retours d'expérience sont documentés ou accessibles quelque part, pour des travaux de recherche par exemple ?

L
Lastron-Leïla 26/06/2026 à 15:14

Le QR code pour rejoindre la "mobilisation générale", ça m'intéresse vraiment de voir à quoi ça ressemble concrètement. Parce que techniquement c'est une bonne idée, mais si ça redirige vers un PDF statique ou un formulaire qui dort sur un serveur de la préfecture, l'effet sera nul. La comm sans community management derrière, c'est juste une affiche. Wi, la bannière commune c'est un bon début, mais qui anime, qui répond, qui fait vivre ça sur les réseaux ?

F
Fifi430 26/06/2026 à 14:11

Une précision utile : la "charte" signée avec la Police nationale n'a pas de valeur contraignante en droit, c'est un engagement politique, pas une convention opposable. Ça ne retire rien à la démarche, mais le terme prête à confusion.

N
Naïma94 26/06/2026 à 14:07

Sur le terrain, on voit les dégâts tous les jours. Des familles qui s'effondrent, des patients qui arrivent trop tard. Doubler les crédits de prévention c'est bien, mais 10 000 jeunes sensibilisés dès la rentrée, ça suppose des intervenants formés et disponibles, et là j'aimerais qu'on soit plus précis sur les effectifs réels. En 94 on avait vécu des plans similaires, beaux sur le papier, plus compliqués à déployer dans les quartiers.

R
Rafiki 26/06/2026 à 14:05

Le témoignage de Jonathan me touche. Dans les cirques, on voit parfois des jeunes qui viennent chercher autre chose, une sorte de paix, et on sent que la dépendance a abîmé pas mal de trajectoires dans le péi-la. Soixante actions c'est ambitieux, mais sans moyens nouveaux on peut se demander si ça ne restera pas sur le papier.