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Réhabilitation de l'usine de Bellepierre : 30 millions pour l'eau de Saint-Denis

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Réhabilitation de l'usine de Bellepierre : 30 millions pour l'eau de Saint-Denis

Produire de l'eau potable sans jamais interrompre le service : le pari de la future usine de Bellepierre - Crédit Zinfos974 - Société


La première pierre de la réhabilitation de l'usine de traitement d'eau potable de Bellepierre a été posée mercredi 24 juin à Saint-Denis. Maître d'ouvrage du projet, la CINOR y engage plus de 30,4 millions d'euros pour reconstruire intégralement cette infrastructure, sans interrompre la production d'eau.

L'usine actuelle, dont les premières installations remontent au début du XXe siècle, alimente aujourd'hui la moitié de la population de Saint-Denis. À l'issue des travaux, sa capacité devra couvrir 65 % des habitants de la capitale. « On était vraiment sur une station qui était trop ancienne, techniquement plus au niveau des exigences d'aujourd'hui. Nous avons voulu la projeter avec l'évolution démographique », a déclaré Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis et vice-présidente de la CINOR.

Le chantier repose sur un marché de conception-réalisation découpé en plusieurs phases, avec l'appui de la Société du Canal de Provence en assistance à maîtrise d'ouvrage. Les premières démolitions ont débuté en décembre 2025. Une première tranche de la nouvelle usine doit être mise en service avant le 31 décembre 2027, les phases suivantes s'échelonnant jusqu'en 2030.

La technologie retenue est l'ultrafiltration membranaire. Les membranes présentent des pores de 0,02 micron, capables d'éliminer 99,99 % des bactéries, virus et parasites. Ce procédé garantit une qualité d'eau constante même lorsque la Rivière Saint-Denis est chargée en matières en suspension après de fortes pluies. L'emprise au sol sera réduite, libérant près de 3 000 m² de terrain. L'usine sera dotée d'un pilotage automatisé en temps réel, et une partie des eaux traitées sera réutilisée pour l'arrosage des espaces verts. « Même en temps de cyclone, on pourra continuer à produire de l'eau. Nous allons aussi réutiliser une partie de l'eau issue du filtrage pour arroser nos jardins. C'est une usine qui va sécuriser le CHU, les Dionysiennes et les Dionysiens pour les quarante prochaines années », a déclaré Ericka Bareigts.

Le financement associe plusieurs partenaires publics. Le Fonds européen de développement régional (FEDER) contribue à hauteur de 10 millions d'euros, soit près d'un tiers du coût total. L'État et l'Office français de la biodiversité participent également. Présent lors de la cérémonie, Patrice Boulevart, 9e vice-président de la Région Réunion chargé de la prévention des risques, a évoqué l'urgence d'anticiper face au changement climatique : « Sécuriser notre approvisionnement en eau n'est pas une option, c'est une nécessité. »

Le site de Bellepierre s'intègre par ailleurs dans un programme plus large de réaménagement de l'entrée ouest de Saint-Denis, qui prévoit l'extension du CHU, une future gare du téléphérique vers La Montagne, un parking relais et une gare routière. L'intégration architecturale et paysagère de la nouvelle usine a été pensée en cohérence avec ce projet urbain.

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8 commentaires

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J
JeanFrak 25/06/2026 à 07:14

L'intégration architecturale et paysagère est mentionnée en deux lignes en fin d'article, comme si c'était une case cochée. On sait ce que ça donne en pratique : un bâtiment technique posé là, un peu de végétation en façade, et on appelle ça de la cohérence urbaine. Ce site s'inscrit dans une entrée de ville qui concentre CHU, téléphérique, parking relais... c'est un vrai morceau de ville qui se redessine. J'espère qu'on a commandé autre chose qu'un rendu 3D propre pour rassurer les élus.

J
Jean-Marc 25/06/2026 à 06:49

@Lulu, je comprends la question sur l'eau du robinet, mais moi ce qui me retient c'est la méthode conception-réalisation. J'ai bossé sur des chantiers publics avec ce type de marché, et quand c'est bien cadré ça peut tenir les délais, mais quand ça dérape les sous-traitants locaux trinquent les premiers. J'espère que la CINOR a veillé à ce que les entreprises réunionnaises soient dans la boucle, pas juste les gros groupes métropolitains qui ramassent tout et laissent des miettes. 30 millions c'est une belle enveloppe, autant qu'elle circule dans notre péi.

M
Marie 25/06/2026 à 06:27

40 ans de sécurité sur l'eau potable pour les familles dionysiennes, c'est concret et c'est ce qui compte. J'espère que ça va aussi rassurer les salariés du CHU et les patients.

M
Marie-Hélène 25/06/2026 à 05:24

Le choix de l'ultrafiltration membranaire est pertinent et bien documenté dans la littérature sur le traitement de l'eau en milieu tropical insulaire. Ce qui mérite attention c'est la gestion des sous-produits du filtrage sur le long terme, un point que l'article n'aborde pas. Cela dit, sécuriser l'alimentation en eau du CHU et de la moitié de Saint-Denis pour quarante ans, c'est une décision de long terme comme on en voit trop peu.

R
Rafiki 25/06/2026 à 05:17

La Rivière Saint-Denis chargée après les pluies, je connais bien, on la longe souvent avec les groupes de randonneurs qui montent vers La Montagne. Que l'usine puisse traiter l'eau même dans ces conditions grâce aux membranes, c'est une vraie avancée. J'espère que le volet paysager sera soigné, parce que le site de Bellepierre fait partie de ce qu'on voit en arrivant dans la capitale, ça compte.

M
Maéva 25/06/2026 à 05:10

Ce qui m'intéresse c'est la partie réutilisation de l'eau pour les espaces verts, c'est exactement le genre de démarche durable qu'on devrait valoriser bien plus. Pour mes produits cosmétiques je travaille sur des formulations locales, et l'accès à une eau de qualité constante c'est aussi un argument de fond pour les entreprises du territoire. On parle souvent de souveraineté alimentaire, la souveraineté en eau c'est tout aussi stratégique.

N
Nadine Saint-Louis 25/06/2026 à 05:06

Belle annonce, mais j'attends de voir si les travaux vont encore bloquer les accès dans ce coin de Saint-Denis. On a déjà assez de galères avec les chantiers qui s'enchaînent, mes fournisseurs ronchonnent à chaque fois.

L
Lulu 25/06/2026 à 05:00

30 millions pour l'eau c'est pas rien, et franchement on en a besoin. Mes clients me demandent souvent si l'eau du robinet lé bon pour boire, surtout après les grosses pluies. Là avec cette nouvelle usine et l'ultrafiltration, j'espère que la réponse sera simple : oui, sans hésiter.