La ville de Saint-Denis a réuni des entreprises réunionnaises avant même la publication de ses appels d'offres pour le renouvellement de ses marchés de propreté et d'entretien des espaces verts. L'objectif était de leur présenter les besoins de la commune et les contrats à venir, dans le cadre de sa Stratégie de Bon Achat.
La démarche vise à faciliter l'accès des entreprises locales à la commande publique. « Chaque fois que nous lançons un marché public, notre objectif est clair : faire en sorte que l'argent public bénéficie au territoire, aux entreprises réunionnaises et aux entreprises dionysiennes, dans le respect des règles de la commande publique », déclare la maire Ericka Bareigts.
Le périmètre est large. Avec plus de 156 000 habitants, 850 000 m² de parcs et jardins et 49 aires de jeux, les futurs marchés couvriront le nettoyage des espaces publics, l'entretien des quartiers et des espaces verts, la remise en état de terrains en friche et des opérations d'embellissement.
La municipalité entend aussi adosser à ces contrats un volet environnemental : verdissement des cours d'école, création de micro-forêts urbaines, plantations d'arbres, entretien du patrimoine arboré et lutte contre les espèces exotiques envahissantes.
Ericka Bareigts place également ces marchés sous l'angle de la santé publique. « Derrière ces prestations, il y a le quotidien des habitants. La propreté est une question de cadre de vie, mais c'est aussi un enjeu de santé publique. Un espace propre, c'est moins de risques liés aux moustiques, aux maladies ou aux nuisances qui peuvent impacter la qualité de vie des habitants », dit-elle.


8 commentaires
La lutte contre les espèces exotiques envahissantes mentionnée dans l'article, c'est pas anodin. Sur certains sentiers des Hauts que je parcours avec les groupes, les goyaviers et les ajoncs ont pris des zones entières que j'ai connues autrement il y a quinze ans. Si ces marchés d'entretien intègrent vraiment ce travail de fond en zone urbaine, c'est une bonne chose, parce que ça commence souvent par les lisières de quartiers avant de remonter vers les espaces naturels. Ce qui compte maintenant c'est que les entreprises retenues aient les compétences pour identifier les bonnes espèces à préserver, pas seulement à couper.
La micro-forêt urbaine et les cours d'école végétalisées, c'est la partie qui me touche le plus dans tout ça. Le reste du projet lé bon sur le papier, mais si les arbres qu'on plante sont jolis et qu'on prend soin de choisir des espèces locales, ça devient presque un acte culturel autant qu'écologique.
@Jean-Marc, tu soulèves le bon point sur les délais de paiement. Dans la logistique c'est pareil, t'as beau décrocher un contrat public, si la trésorerie suit pas derrière tu coules avant la fin du marché. Ce qui m'interpelle dans cet article c'est le volet espèces exotiques envahissantes. Une partie du problème vient des flux maritimes, des conteneurs qui arrivent de Maurice, de Madagascar, de l'Inde avec des graines ou des insectes planqués dedans. La commande publique c'est bien, mais si on traite pas le problème à la source côté port, on entretient en boucle.
L'intention est louable, mais je me permets une précision. La commande publique reste soumise aux principes d'égalité de traitement et de non-discrimination posés par le code de la commande publique. Favoriser les entreprises locales est possible via des critères d'insertion, de proximité géographique dans les variantes, ou via l'allotissement, mais pas en les désignant directement. Il serait utile que l'article précise sur quels leviers juridiques la mairie s'appuie concrètement.
Ce que j'espère c'est que le volet social sera aussi regardé à la loupe, pas seulement l'aspect environnemental. Les marchés de propreté c'est souvent des temps partiels imposés, des horaires décalés, des conditions difficiles. Si la mairie veut vraiment que l'argent public bénéficie au territoire, il faudrait exiger des entreprises retenues un minimum en termes de qualité d'emploi.
Cette notion de Stratégie de Bon Achat, c'est un dispositif qui existe au niveau national ou c'est une initiative propre à Saint-Denis ? Je pose la question parce que j'écris un mémoire sur l'accès des PME locales à la commande publique et ça m'intéresse vraiment de comprendre d'où vient le cadre juridique.
Franchement ça fait du bien, parce que d'habitude on apprend l'appel d'offres en même temps que tout le monde et t'as pas le temps de te retourner. Là au moins on sait ce qui arrive. Ma seule question c'est : les délais de paiement vont suivre ? Parce que travailler pour la mairie c'est bien, mais attendre 6 mois pour être payé, lé pa fasil quand t'as une TPE à faire tourner.
C'est bien d'entendre parler de circuits locaux dans la commande publique, mais j'attends de voir comment ça se traduit dans les faits. Nous aussi dans l'agriculture on nous promet souvent qu'on sera prioritaires, et au final les contrats partent ailleurs. Ce qui compte c'est ce qu'on met vraiment dans les cahiers des charges, pas les belles réunions de présentation.