À l'occasion de la Journée mondiale des océans, l'État a étendu la zone de protection forte au sein de la réserve naturelle nationale des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), en y ajoutant près de 900 000 km² d'espaces maritimes. La superficie totale couverte par ce niveau de protection atteint désormais plus de 1,36 million de km², soit plus de deux fois la superficie de la France métropolitaine.
Ces eaux s'étendent principalement dans les grands fonds marins, à plus de 2 500 mètres de profondeur, autour des archipels des Crozet, de Kerguelen, de Saint-Paul et Amsterdam. Baleines, albatros, manchots royaux et légines australes y vivent dans des écosystèmes qui abritent une part importante de la biodiversité mondiale et constituent un vaste terrain d'observation scientifique.
Le label de zone de protection forte est l'un des plus élevés prévus par la Stratégie nationale des aires protégées. Il ne signifie pas pour autant une fermeture totale des espaces concernés. Selon l'administration des TAAF, cette labellisation « n'entraîne pas de durcissement des règles actuellement applicables aux activités autorisées au sein de la réserve naturelle nationale ». Elle reconnaît avant tout la qualité de la gestion déjà en place et la valeur écologique de ces zones.
La pêche professionnelle, notamment celle de la légine australe, continue d'y être pratiquée dans le cadre des objectifs de gestion de la réserve. Les TAAF font valoir que préservation et activité économique ne sont pas incompatibles.
Les travaux scientifiques menés dans ces eaux visent à « améliorer la connaissance des écosystèmes marins profonds et d'adapter les mesures de gestion et de conservation aux enjeux environnementaux identifiés », précise l'administration. D'autres secteurs pourraient à terme obtenir ce même label, notamment dans la zone économique exclusive de Crozet, « en concertation avec les acteurs concernés ».
Administrées depuis La Réunion, les TAAF disposent d'une zone économique exclusive de 2,3 millions de km². Elles contribuent à faire de la France la deuxième puissance maritime mondiale.


5 commentaires
Bel affichage pour la Journée mondiale des océans.
1,36 million de km² protégés aux TAAF et pendant ce temps les récifs coralliens de Saint-Gilles continuent de blanchir sans que personne ne s'affole vraiment. Je veux pas être de mauvaise foi, c'est une bonne nouvelle pour les grands fonds, mais on a l'impression que la protection forte c'est plus facile à décréter là où il n'y a personne.
Honnêtement la communication de la France sur ses territoires marins c'est sous-exploitée. On a la deuxième zone maritime mondiale et personne ne le sait vraiment à l'échelle internationale. Pour vendre du made in Réunion à l'étranger, ce genre d'image de territoire engagé pour la biodiversité ça pourrait vraiment jouer, mais faut que les marques locales s'en emparent.
J'ai eu un client la semaine dernière, il bossait pour une asso environnementale, il m'a expliqué que ces zones protégées ça change rien concrètement si les contrôles suivent pas. Je sais pas si c'est vrai, mais bon, i fo bien surveiller tout ça depuis La Réunion quand même, c'est loin tout ça.
J'ai passé des années à pêcher ces eaux du Sud, et ce que j'entends aujourd'hui me rassure un peu. La légine, c'est une ressource qui peut disparaître vite si on n'y prend garde, on l'a vu avec d'autres espèces. Ce qui compte c'est que la protection serve vraiment, pas juste sur le papier. Les générations qui viennent méritent de trouver les mêmes fonds que ceux qu'on a connus.