Le futur congé de naissance, présenté par le gouvernement comme une avancée sociale du quinquennat, fait naître une inquiétude grandissante au sein de l'Éducation nationale. Syndicats et responsables du secteur craignent qu'il n'aggrave la pénurie de remplaçants, déjà critique dans de nombreuses académies, dès la rentrée 2026.
La réforme prévoit de remplacer une partie des congés maternité, paternité et parentaux existants par un dispositif unique, plus long et mieux réparti entre les deux parents. Son principe ne fait pas débat. Ce qui inquiète, c'est l'effet mécanique sur les absences : plus longues, plus nombreuses, elles devraient peser davantage sur un système de remplacement déjà à bout de souffle.
« Nous avons déjà du mal à remplacer les congés existants », résume un responsable syndical cité par BFM TV. Dans certains établissements, des classes restent parfois plusieurs jours — parfois plusieurs semaines — sans enseignant titulaire. Le vivier de remplaçants se réduit chaque année, tandis que certaines académies peinent à pourvoir leurs postes vacants.
Le ministère de l'Éducation nationale assure travailler à l'anticipation de ces absences et refuse d'opposer la réforme aux besoins des familles. La question reste pourtant entière : comment garantir la continuité du service scolaire sans les effectifs nécessaires pour absorber un volume d'absences en hausse ? Dans les rectorats comme dans les salles des professeurs, beaucoup attendent la rentrée prochaine avec une certaine appréhension.


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