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Ericka Bareigts réélue à Saint-Denis : être femme et maire en 2026

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Ericka Bareigts réélue à Saint-Denis : être femme et maire en 2026

Ericka Bareigts : "Être une femme politique aujourd’hui à La Réunion, c’est encore un combat" - Crédit Zinfos974 - Politique


Plus de 60 % des voix dès le premier tour. La réélection d'Ericka Bareigts à la mairie de Saint-Denis, en 2026, compte parmi les scores les plus nets du scrutin municipal à La Réunion. Dans un entretien accordé dans le cadre d'une série consacrée aux femmes élues de l'île, la maire dionysienne revient sans détour sur sa victoire, les attaques subies durant la campagne et ce que représente encore, concrètement, le fait d'être une femme en politique.

« Le premier mot qui m'est venu, c'est merci », dit-elle au soir de sa réélection. Une reconnaissance adressée d'abord aux élus de sa majorité et aux agents municipaux. Habituée aux critiques depuis ses débuts, l'ancienne ministre des Outre-mer affirme avoir appris à ne pas y répondre frontalement. « On ne fait pas les choses pour répondre aux critiques, mais pour répondre aux gens qui attendent des solutions à leurs problèmes. »

Certaines attaques ont pourtant atteint leur cible. Celles visant sa vie privée ou sa famille, notamment. Ericka Bareigts ne mâche pas ses mots : « Oui, certaines attaques n'auraient pas existé si j'étais un homme. » Une conviction qu'elle ancre dans des représentations historiques qu'elle juge toujours présentes. « Pendant des siècles, les femmes ont été associées à une forme de faiblesse. Il faut encore déconstruire cela. »

La Réunion compte six femmes maires à l'issue du scrutin de 2026, contre quatre lors du précédent mandat. Une progression que Bareigts juge insuffisante. Elle salue au passage la loi sur la parité adoptée sous le gouvernement Jospin : « Heureusement qu'il y a eu cette loi, sinon je ne serais probablement pas là aujourd'hui. » Aux jeunes femmes qui hésitent à s'engager, son message est direct : « Il faut croire en soi et ne jamais écouter ceux qui vous disent que ce n'est pas possible. »

Derrière la fonction, il y a aussi le coût personnel. Sept jours sur sept, peu de temps pour les proches. La maire dit avoir appris, avec le temps, à préserver des espaces pour elle — le yoga, la marche, la lecture. « J'ai besoin de moments où j'oublie que je suis maire de Saint-Denis. »

Pour ce nouveau mandat, elle place le logement en tête de ses priorités, avec l'ambition de renforcer ce qu'elle nomme une « police du logement » contre les habitats dégradés. Elle annonce aussi la création de « Maisons de tranquillité », articulées autour des nuisances sonores et de la santé mentale. Elle revendique par ailleurs un chantier sur la santé des femmes — ménopause, douleurs chroniques, cancers. « On a trop longtemps mis sous le tapis la santé des femmes. » Interrogée sur son propre parcours, Ericka Bareigts confie ne pas avoir encore pris le temps de regarder derrière elle. Ce qu'elle dirait à la jeune femme qu'elle était ? « J'avais raison de douter. Le doute fait avancer. »

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