Le 10 juin, l'Union européenne signe un accord de partenariat économique (APE) élargi avec Madagascar, Maurice, les Seychelles et les Comores — quatre États membres de la Commission de l'océan Indien. La Réunion, territoire européen au cœur de la zone, n'est pas partie à cet accord de libre-échange. C'est l'ambassadeur de l'UE Roland Kobia qui a rendu l'information publique sur les réseaux sociaux.
Le Parti communiste réunionnais (PCR) a réagi sans attendre dans un communiqué daté du 7 juin. Pour le parti fondé par Paul Vergès, les conséquences économiques pourraient être sévères : « Cet accord ne pourra que favoriser les délocalisations vers Madagascar de secteurs comme l'informatique, la comptabilité, la communication ou la banque, en raison d'une main-d'œuvre au moins aussi compétente et moins payée que le RSA. » Le PCR anticipe des pertes d'emplois qualifiés et une dépendance accrue aux biens importés.
Selon L'Express de Madagascar, l'APE élargi supprimera tous les droits de douane sur les exportations des quatre pays signataires vers l'Union européenne. Il couvrira aussi les services, les investissements et la propriété intellectuelle, avec une obligation de mise aux normes européennes pour les entreprises concernées. C'est ce volet « services » qui inquiète le PCR. Le parti cite l'exemple de groupes déjà présents à Madagascar — GBH, U ou Leader Price — pour illustrer une dynamique de délocalisation qu'il juge déjà en marche.
Le PCR dénonce également l'absence de consultation des Réunionnais et pointe le silence des élus européens de l'île, sans nommer explicitement Younous Omarjee, député LFI au Parlement européen. L'État français est lui aussi mis en cause, accusé de n'avoir pas défendu les intérêts du territoire.
Cet APE prolonge un accord intérimaire lancé en 2012, qui incluait alors le Zimbabwe et avait notamment profité aux exportations halieutiques de Maurice et des Seychelles. La nouvelle version, tournée vers les services, devrait surtout bénéficier à Madagascar, dont la main-d'œuvre jeune et qualifiée reste très faiblement rémunérée. Le sujet figurait à l'ordre du jour du 40e conseil des ministres de l'océan Indien, ouvert le 8 juin à Moroni, aux Comores.


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