Condamné par défaut à deux ans de prison ferme le 29 mai dernier, Dhoihir Dhoulkamal, ancien ministre des Affaires étrangères de l'Union des Comores, a fait opposition à son jugement ce mercredi. Son avocat a annoncé avoir engagé ce recours au nom de son client et de son épouse, Jeannine Chakir, tous deux poursuivis pour escroquerie et complicité de fausses déclarations auprès d'organismes sociaux, pour un préjudice évalué à 339 052 euros.
L'opposition remet le dossier à zéro. Le couple sera rejugé en première instance devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis — dit tribunal de Champ Fleuri — le 30 octobre prochain, comme si aucune décision n'avait encore été rendue. Le mandat d'arrêt prononcé à l'encontre de l'ex-ministre se trouve, de fait, suspendu par ce recours.
« Nous n'avons pas encore pris connaissance de la procédure car mon client n'était pas au courant de sa convocation devant le tribunal », a déclaré son conseil. L'argument étonne au regard du parcours judiciaire du dossier : l'enquête, conduite par les gendarmes de la section de recherches de Saint-Denis, s'est étendue sur plusieurs années, durant lesquelles les tentatives pour entendre Dhoihir Dhoulkamal sont restées sans suite. Un mandat de recherche international avait même été émis après la levée de son immunité fonctionnelle, sans résultat.
La situation de son épouse n'est pas moins compliquée. Jeannine Chakir avait quitté La Réunion peu après les contrôles effectués par les agents de la CAF, rendant toute audition impossible. Ni l'un ni l'autre n'avaient comparu à l'audience du 29 mai, d'où le jugement par défaut.
Leur avocat rappelle que ses clients bénéficient désormais de la présomption d'innocence. Il n'a pas précisé s'ils assisteraient en personne à l'audience du 30 octobre ou s'ils seraient simplement représentés.


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