Gymnase détruit, école exposée aux crues, église fragilisée : un an après le passage du cyclone Garance, Saint-Benoît lance la reconstruction de plusieurs équipements publics. Le préfet de La Réunion, Patrice Latron, s'est rendu sur place ce vendredi 22 mai 2026 pour faire le point sur trois chantiers, tous financièrement soutenus par l'État.
Le dossier le plus lourd est celui du gymnase Christophe Ramon. Toiture et façades ont été largement détruites par le cyclone. Les études techniques ont conclu qu'une rénovation ne suffirait pas : la commune a donc acté une reconstruction complète. Le futur équipement devra accueillir la JSB Gym et la JSB Hand, répondre aux critères d'homologation régionale et tenir face aux prochains cyclones. Coût estimé : près de 13 millions d'euros TTC. L'État a confirmé une participation de 5,5 millions d'euros via le Pacte d'Avenir. Une demande FEDER dans le cadre du programme RESTORE n'a pas été retenue. Démarrage envisagé entre 2028 et 2029.
À Sainte-Anne, l'église bénédictine présente des désordres structurels documentés par un diagnostic Bureau Veritas réalisé en août 2025 : charpente fragilisée, chaînages dégradés en tête de mur, réseau électrique atteint. Les travaux devront concilier mise en sécurité et respect du patrimoine classé — façade, clocher, chapelle Sainte-Thérèse. Le projet est évalué à environ un million d'euros HT, avec un démarrage prévu entre avril et décembre 2027. La commune sollicite un financement dans le cadre du Pacte d'Avenir.
Troisième volet : l'école primaire Raphaël Elie, également à Sainte-Anne. L'établissement cumule les problèmes — dégâts liés au cyclone et risque récurrent d'inondation depuis la ravine Sainte-Marguerite. La décision a été prise de le transférer sur un nouveau site. Le programme prévoit neuf classes élémentaires, six classes maternelles, la relocalisation de la maison de quartier et la création d'un équipement sportif sur le site libéré. Budget global : environ 13 millions d'euros TTC, pour des travaux là encore envisagés entre 2028 et 2029.
Trois projets, deux échéances proches, une facture totale qui dépasse les 27 millions d'euros. Pour Saint-Benoît, la reconstruction post-Garance sera un chantier de long terme.


9 commentaires
@Maéva, vous avez raison que ça crée de l'activité, mais attention. Sur des chantiers publics de cette taille, les appels d'offres partent souvent vers des grosses boîtes de l'île ou de métropole, et nous les petits artisans on se retrouve en sous-traitance à la dernière minute, avec les marges qui vont avec. J'espère que la commune pense à fractionner les lots pour que les TPE du coin puissent candidater directement. Parce que 27 millions qui passent sans ruisseler localement, ça sert pas à grand-chose pour l'économie de l'Est.
On vit dans les hauts, on sait ce que c'est que de voir l'eau monter et de pas pouvoir grand-chose. Garance a tout emporté vite, mais la reconstruction elle prend des années, les familles elles attendent. Pour l'école de Sainte-Anne c'est une bonne décision, déplacer un bâtiment d'une ravine ça se fait pas souvent mais quand c'est nécessaire i fo pas hésiter. On espère que les enfants du cirque un jour auront les mêmes conditions, parce que nos écoles dans les hauts elles connaissent aussi l'eau et le vent.
@TataYoyo, vous avez raison pour les enfants. Ici à Cilaos on a connu ça aussi, des écoles où l'eau rentrait par le bas après les grosses pluies, et les instituteurs faisaient comme si c'était normal. Que ces petits de Sainte-Anne aient enfin une école construite pour eux, c'est la moindre des choses, même si l'attente est longue.
C'est bien pour Saint-Benoît, vraiment. Mais j'espère que dans ces chantiers de reconstruction, on pense aussi à la gestion des eaux de ruissellement. Garance a charrié des tonnes de matériaux dans le lagon de l'Est, les coraux en ont pris plein la figure. Si on reconstruit sans penser à ça, le prochain cyclone fera pareil.
Le gymnase de la JSB Hand, mon neveu y entraînait là-dedans avant Garance. Ça lui a fait quelque chose de voir les photos après le cyclone. Content que ça reparte, même si 2028 ça paraît une éternité.
Ce qui retient mon attention dans cet article, c'est la méthode. Un diagnostic Bureau Veritas pour l'église, une décision de reconstruction complète appuyée sur des études techniques pour le gymnase : on est loin des décisions à l'emporte-pièce qu'on a parfois connues après des catastrophes naturelles. Pour l'école Raphaël Elie, la décision de relocalisation plutôt que de réparation sur site inondable est courageuse et pédagogiquement responsable. Ce qu'il faudra surveiller, c'est la continuité de service pendant les travaux, car les élèves ne peuvent pas attendre 2029 dans des préfabriqués sans suivi de qualité.
La demande FEDER pas retenue pour le gymnase, ça pique. 5,5 millions de l'État c'est bien, mais sur 13 millions le reste c'est la commune qui assume, lé pa fasil quand on est une ville déjà fragilisée par le cyclone.
27 millions sur Saint-Benoît, c'est un signal fort. Même si c'est de la reconstruction subie, ce type d'investissement public crée une dynamique locale réelle : artisans, fournisseurs, logistique. Les entreprises du bâtiment de l'Est ont intérêt à se positionner dès maintenant sur les appels d'offres.
L'école qui déménage, ça me touche le coeur. Les enfants de Sainte-Anne méritent pas de rester dans un endroit qui inonde à chaque pluie, ça fait longtemps que les parents se plaignent de ça. Mais 2028-2029, c'est long quand on a des marmaille qui vont à l'école là-bas en ce moment même. Faut trouver une solution provisoire digne d'eux en attendant.