La Communauté de Communes du Sud de Mayotte (CCSUD) a finalisé son Cadastre Solaire territorial, un outil de cartographie recensant l'ensemble des surfaces adaptées à l'installation de panneaux photovoltaïques ou de dispositifs solaires thermiques. Le bilan est parlant : 8 225 bâtiments identifiés comme éligibles, pour une superficie exploitable estimée à 752 000 m².
Les projections économiques donnent une idée de l'enjeu. Entre 150 et 300 millions d'euros de retombées sont envisagés à l'horizon 2030-2050, accompagnés de la création potentielle de 1 200 à 2 000 emplois verts locaux. Ces chiffres s'inscrivent dans le cadre du Plan Climat-Air-Énergie Territorial (PCAET) de l'intercommunalité et de la Programmation Pluriannuelle de l'Énergie 3 (PPE 3). L'objectif affiché à l'horizon 2050 : atteindre le facteur 4, soit une réduction de 75 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de référence préindustriel fixé à 2013.
Des journées de travail sont prévues pour transformer ce diagnostic en projets concrets. Elles s'adressent aux entreprises, porteurs de projets, structures en reconversion, acteurs institutionnels et habitants. Au programme : prise en main du cadastre solaire, structuration de la gouvernance territoriale, accompagnement au montage de projets et identification des financements disponibles — aides publiques, subventions, ingénierie financière.
Le cadastre solaire sera accessible via deux interfaces distinctes, l'une destinée au grand public, l'autre aux experts. La CCSUD entend ainsi fédérer collectivités, entreprises et partenaires techniques autour d'une même dynamique de transition énergétique.


6 commentaires
@Lulu, la question est pertinente, mais l'entrepreneuriat dans les territoires ultramarins ça se regarde ensemble, pas en silo. Ce qui m'interpelle là-dedans c'est la création d'emplois verts. Sur mes parcelles, l'eau c'est mon premier poste de coût et de souci, et l'énergie solaire pour les systèmes d'irrigation ça pourrait changer beaucoup de choses pour des maraîchers comme moi. Un cadastre qui permet de savoir concrètement quelle toiture peut accueillir des panneaux, accessible à tout le monde, c'est le genre d'outil qu'on attendait pour passer aux actes.
@Patrick974, la question sur la nature des retombées est légitime. Il faudrait savoir si ces projections intègrent les dispositifs fiscaux spécifiques aux territoires ultramarins, notamment les mécanismes de défiscalisation applicables à Mayotte pour l'investissement dans les énergies renouvelables. Ce n'est pas du détail : ça change complètement l'attractivité pour un porteur de projet privé et l'exposition financière des collectivités. Un cadastre sans feuille de route fiscale claire, c'est un diagnostic qui risque de rester dans un tiroir.
Alé, une démarche comme ça i fo qu'on la réplique ici aussi. On parle souvent de transition énergétique dans les cirques, mais les outils concrets manquent. Un cadastre solaire accessible au grand public et aux experts en même temps, c'est exactement le genre d'initiative qui peut embarquer tout le monde, pas juste les techniciens.
L'outil est intéressant, mais 150 à 300 millions d'euros de retombées à l'horizon 2030-2050 c'est une fourchette tellement large qu'elle ne dit presque rien. Est-ce qu'on parle de valeur brute, de valeur ajoutée locale, d'économies sur la facture énergétique ? Ces projections méritent d'être détaillées si on veut que les entreprises et les porteurs de projets se positionnent sérieusement. Un cadastre c'est un bon départ, mais le financement et la gouvernance restent les vrais nœuds à dénouer.
752 000 m² de toitures qu'on peut mettre au soleil, ça fait réfléchir. Dans le Sud sauvage on voit passer des années sans que les projets de ce genre aboutissent vraiment. Ce qui compte c'est pas le cadastre, c'est ce qu'on en fait après. J'espère que les journées de travail prévues vont pas rester des réunions en salle.
Mayotte, mais c'est pas La Réunion ça... j'comprends pas bien pourquoi c'est sur entrepreneur.re ? Cela dit, si y'a vraiment 2000 emplois verts qui peuvent se créer là-bas, c'est pas rien. Moi j'attends le même genre de projet sérieux pour nos toits à Saint-Pierre.