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Le SP95 repasse au-dessus de 2 euros, le gouvernement prépare des aides

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Le SP95 repasse au-dessus de 2 euros, le gouvernement prépare des aides

Carburants : le prix du sans-plomb atteint un nouveau record en France depuis le début de la guerre en Iran - Crédit Zinfos974 - National


Le litre de sans-plomb a franchi la barre des deux euros dimanche 17 mai dans de nombreuses stations-service françaises. Le SP95-E10 s'établit en moyenne à 2,046 euros, le SP98 dépasse les 2,13 euros — des niveaux inédits depuis le déclenchement du conflit impliquant l'Iran, Israël et les États-Unis.

La hausse s'explique par les tensions autour du détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. Depuis les premières frappes menées fin février, les perturbations du trafic maritime et les attaques contre des infrastructures énergétiques ont fait grimper les cours du brut, entraînant les prix à la pompe dans plusieurs pays européens.

Le gazole suit la même trajectoire. Il dépasse régulièrement 2,20 euros le litre dans certaines stations et pèse particulièrement sur les professionnels du transport, de l'agriculture et de la pêche. La crainte d'une nouvelle poussée inflationniste sur l'énergie refait surface, rappelant les crises précédentes — et notamment le mouvement des Gilets jaunes, période durant laquelle le seuil des deux euros avait durablement marqué l'opinion.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit présenter jeudi 21 mai un dispositif d'aides ciblées pour le mois de juin. Pêcheurs, taxis, grands rouleurs, infirmiers libéraux et aides à domicile figurent parmi les professions susceptibles d'en bénéficier. L'exécutif écarte une baisse générale des taxes, jugée trop coûteuse, et privilégie des soutiens « mensualisés et ciblés ».

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6 commentaires

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M
Maéva 18/05/2026 à 11:29

Pour l'e-commerce ça joue aussi, les frais de livraison vont encore augmenter d'ici juillet si ça continue.

A
Alex 18/05/2026 à 11:27

@Tom Bib, la référence à Illich c'est bien, mais on évite soigneusement de parler des vrais leviers : les marges des distributeurs, la structure des accises, les aides à la production pétrolière toujours en place. L'article lui-même cite Lecornu sans questionner pourquoi une baisse de taxe ciblée sur deux mois serait "trop coûteuse" alors qu'on sort régulièrement des milliards pour d'autres postes. J'aimerais voir les chiffres réels du coût de ces aides ciblées comparé à une remise générale de dix centimes, parce que là on nous demande de croire sur parole que c'est hors budget.

M
Marie-Hélène 18/05/2026 à 11:25

Ce qui me frappe à la lecture de cet article, c'est la régularité du mécanisme : une crise géopolitique, une tension sur le détroit d'Ormuz, et c'est l'ensemble des ménages modestes qui absorbent le choc en premier. L'exécutif écarte une baisse générale des taxes, ce qu'on peut comprendre budgétairement, mais le ciblage pose toujours la même question : qui décide des critères, et comment les personnes éligibles en sont-elles informées ? Les infirmières libérales et les aides à domicile que je connois dans le tissu associatif n'ont pas forcément le temps de monter un dossier.

K
Karambole 18/05/2026 à 11:14

Le gazole à 2,20 c'est du concret pour moi, chaque semaine le camion pour les marchés c'est une ligne de plus dans les charges. Et on me demande pourquoi les légumes bio coûtent plus cher que les trucs importés en avion, lé pa fasil d'expliquer ça à la clientèle un samedi matin à Sainte-Suzanne.

T
Tom Bib 18/05/2026 à 11:00

Chaque fois que le prix du carburant franchit un seuil symbolique, on ressort le spectre des Gilets jaunes comme on brandirait un talisman. Il y a quelque chose de presque rituel là-dedans. Ivan Illich écrivait dans Énergie et équité que les sociétés modernes avaient construit une dépendance structurelle à la vitesse, et donc au pétrole, qui finissait par se retourner contre les plus vulnérables. On n'a pas vraiment changé de paradigme depuis. Les aides ciblées, c'est du sparadrap sur une plaie profonde.

J
Jean-Claude B. 18/05/2026 à 10:44

Ce matin j'avais un client de Saint-Pierre à l'aéroport, il m'a dit qu'il commence à compter ses courses avant de monter dans le taxi. Et il a raison. Moi je plein deux fois par semaine minimum, à 2,05 le litre ça fait vite les calculs. Les aides ciblées pour les taxis c'est bien, mais j'espère que ça va pas être un formulaire de 12 pages comme d'habitude pour toucher 40 euros.