Le préfet de La Réunion a signé, le 13 mai 2026, un arrêté déclarant d'utilité publique les acquisitions foncières et les travaux prévus sur la RN2 à Saint-Benoît, entre l'échangeur de Bourbier et le giratoire des Plaines. La Région Réunion peut désormais engager les procédures d'acquisition des terrains, y compris par expropriation si les négociations amiables échouent.
Après plusieurs années d'études, d'enquête publique et de validations administratives, le dossier entre dans une nouvelle phase. L'arrêté préfectoral vaut reconnaissance officielle que le projet présente un intérêt général suffisant pour justifier les acquisitions foncières nécessaires au chantier.
Lire aussi : L'élargissement sur quatre voies de la RN 2 à Saint-Benoît bientôt en enquête publique
Le texte autorise la Région Réunion, maître d'ouvrage de l'opération, à acquérir les terrains « soit à l'amiable, soit par voie d'expropriation ». Cette formulation ouvre concrètement la possibilité de procédures d'expropriation pour les parcelles situées dans l'emprise du futur aménagement.
Trois kilomètres de RN2 entre l'échangeur du Bourbier et le giratoire des Plaines
L'arrêté fixe un délai maximal de cinq ans, à compter de sa publication, pour mener à bien les expropriations.
Le chantier porte sur près de trois kilomètres de RN2 entre l'échangeur de Bourbier et le giratoire des Plaines. L'objectif est de mettre fin aux congestions qui paralysent quotidiennement la traversée de Saint-Benoît, devenue l'un des principaux points noirs routiers de l'Est.
Lire aussi : Saint-Benoît : le projet d'aménagement de la RN2 déclaré d'utilité publique
Le projet va bien au-delà d'un élargissement routier. Outre deux voies de circulation supplémentaires, il prévoit deux voies réservées aux transports en commun en site propre, une piste cyclable continue, des aménagements piétons, un parking-relais et un pôle d'échanges multimodal. Un second pont doit être construit sur la rivière des Marsouins, et plusieurs échangeurs seront profondément réorganisés.
La déclaration d'utilité publique entraîne par ailleurs la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme de Saint-Benoît : certaines règles d'urbanisme locales pourront être adaptées pour permettre la réalisation des travaux.
Dans son arrêté, l'État juge les impacts du projet proportionnés à « l'intérêt général » de l'opération, estimant que « les atteintes à la propriété privée, le coût financier de l'opération, ainsi que les éventuels inconvénients sociaux ou environnementaux ne sont pas excessifs ».
Le dossier reste susceptible de recours. Les opposants ont deux mois pour contester la déclaration d'utilité publique devant le tribunal administratif de La Réunion.


7 commentaires
@Fifi430, merci pour la précision sur la cessibilité, je savais pas que c'était deux procédures distinctes. Mais ce qui me tient à coeur c'est le second pont sur la rivière des Marsouins. Pas sûr qu'on ait bien mesuré l'impact sur le lit de la rivière et l'embouchure. On a vu ailleurs dans l'île ce que ça peut donner comme perturbations sédimentaires.
@Marie, bouffée d'air c'est vite dit. Il y a des terres agricoles dans l'emprise de ce projet, et ça l'article en parle pas beaucoup. Quand on perd une parcelle à l'expropriation, l'indemnité ne compense pas toujours la perte d'un outil de travail, encore moins quand les terres sont en fermage depuis des générations. Je ne dis pas que le projet est mauvais, la congestion à Saint-Benoît c'est réel. Mais le mot « proportionné » dans l'arrêté préfectoral, c'est l'État qui l'écrit sur ses propres projets, ça mérite qu'on y regarde de plus près.
Moi ce que je veux savoir c'est ce qui se passe pour les petits commerces pendant le chantier. Trois kilomètres de travaux sur une artère comme ça, les clients passent plus, le chiffre d'air fond au soleil. On nous parle de pôle multimodal et de piste cyclable c'est bien beau, mais lé pa fasil de tenir une boutique ou un food truck quand pendant deux ou trois ans y'a des barrières et de la poussière partout.
Un point de vocabulaire qui a son importance : l'arrêté préfectoral déclare l'utilité publique, mais ça ne vaut pas encore droit d'entrée immédiat sur les parcelles. La Région devra ensuite engager une procédure de cessibilité parcelle par parcelle, avec enquête parcellaire distincte, avant que le juge de l'expropriation fixe les indemnités. Les propriétaires ont donc plusieurs étapes pour faire valoir leurs droits, et pas seulement les deux mois évoqués dans l'article.
Un point à garder en tête : la déclaration d'utilité publique n'est pas définitive tant que le délai de recours de deux mois n'est pas écoulé. Les propriétaires expropriés disposent aussi de voies de recours propres sur l'indemnisation devant le juge de l'expropriation, ce qui est distinct du recours contre la DUP elle-même. Le dossier peut donc encore connaître des rebondissements judiciaires, même si la Région peut techniquement avancer en parallèle.
Ce qui m'intéresse c'est le parking-relais et les voies de bus en site propre, ça peut vraiment changer les habitudes de déplacement dans l'Est péi. Mais cinq ans pour finir les expropriations, j'espère qu'on ne va pas traîner autant que d'habitude sur les chantiers ici.
Enfin une avancée concrète ! Pour tous ceux qui traversent Saint-Benoît tous les jours, c'est une vraie bouffée d'air. Le pôle d'échanges multimodal, la piste cyclable, ça c'est bien pensé pour les familles et les salariés de l'Est.