Le barreau de Saint-Pierre durcit le ton. Réunis en assemblée, les avocats ont voté la reconduction de leur mouvement de grève contre le projet de loi « SURE ». Ils refusent désormais d'assister aux procédures de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), sans limite de durée fixée.
La tension monte au tribunal judiciaire. Dans leur communiqué, les robes noires rejettent toute accusation de défense corporatiste. La réforme, font-ils valoir, pourrait même générer davantage d'activité pour les cabinets. Leur mobilisation vise, selon eux, « la défense des justiciables ».
Le barreau dénonce un texte qui accélérerait la justice au détriment des garanties. Les avocats pointent une réduction du temps consacré aux débats, un affaiblissement du contradictoire et un moindre contrôle sur les procédures. Les victimes, estiment-ils, auraient moins de temps pour s'exprimer. Certaines pourraient se retrouver orientées vers des procédures accélérées mal adaptées à leur situation, avec un risque d'indemnisation insuffisante.
« Sous couvert de réduire les stocks de dossiers, la justice bascule vers une logique de gestion de flux », écrivent les avocats. L'objectif deviendrait de traiter davantage d'affaires en un minimum de temps. Le communiqué évoque également un second volet législatif, qui pourrait restreindre certaines possibilités offertes aux justiciables les plus fragiles, notamment en matière d'urbanisme ou d'individualisation des peines.
Pour les avocats mobilisés, la ligne rouge est claire : « Traiter plus vite ne signifie pas mieux juger ». Le mouvement est parti pour durer, avec des conséquences concrètes sur l'organisation des audiences concernées.


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