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Didier Robert face à un procès en appel crucial le 23 avril

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Didier Robert face à un procès en appel crucial le 23 avril

Enjeux politiques et financiers pour Didier Robert, de nouveau en proie à ses démons judiciaires


Le 23 avril prochain, Didier Robert comparaîtra seul devant la cour d'appel de Saint-Denis. L'ancien président de la Région Réunion doit répondre de concussion et prise illégale d'intérêts concernant les indemnités de résidence qu'il percevait entre 2016 et 2020. En novembre 2024, il avait déjà été condamné à huit mois de prison avec sursis, 100 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité pour cette affaire.

L'audience pourrait définir l'avenir politique de Didier Robert. Malgré son retrait annoncé après sa condamnation dans l'affaire des Musées régionaux, l'ancien élu avait tenté un retour lors des municipales de mars à Saint-Paul. Il n'a recueilli que 11 % des suffrages, un échec qui questionne ses véritables intentions.

Parallèlement, une seconde affaire attend Robert en appel les 15 et 16 avril : celle des emplois présumés fictifs à la Région. Relaxé en première instance le 21 mai 2024 avec dix autres prévenus, il devra cette fois affronter la procureure générale. Le dossier s'annonce délicat après le fiasco judiciaire du premier procès en appel avorté et la démission du président Jacques Rousseau.

Dans l'affaire des indemnités, les faits reprochés paraissent plus solides juridiquement. Entre janvier 2016 et février 2020, Robert a perçu 2 800 euros mensuels pour couvrir le loyer de sa villa à La Montagne. Les juges ont estimé qu'il avait lui-même rédigé le rapport proposant cette indemnité au conseil régional, ce qui constitue une « ingérence » au sens de l'article 432-12 du code pénal.

Le calcul de l'indemnité fait débat. Basée sur un taux de 90 euros par jour, elle dépassait les montants autorisés. La part hébergement était limitée à 58,50 euros quotidiens jusqu'en février 2019, puis à 70 euros. Robert a donc perçu entre 20 et 31,50 euros de trop par jour, selon le tribunal. Son loyer ne s'élevait pourtant qu'à 2 300 euros mensuels.

Face aux enquêteurs, l'ancien président a justifié cet écart en évoquant ses charges supplémentaires : femme de ménage, entretien de piscine, factures d'eau et d'électricité. Il s'est même comparé au train de vie du préfet, rappelant que ce dernier disposait de « plusieurs cuisiniers » et d'un gardiennage assuré.

Son avocat, Me Philippe Creissen, conteste la requalification des faits par les magistrats et l'exclusion des frais de repas du calcul. Il plaidera à nouveau la relaxe, considérant que l'indemnité était « forfaitaire et indivisible ». Au-delà de l'aspect judiciaire, l'enjeu est politique : cinq nouvelles années d'inéligibilité priveraient Robert de toute ambition électorale jusqu'en 2029. Sans compter les sanctions financières qui pourraient s'alourdir en appel.

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