Un article 40 a été adressé au procureur de la République de Saint-Pierre pour dénoncer les violences survenues lors du premier tour des municipales à Piton Saint-Leu. Au cœur des accusations : Pierrick Robert, délégué de son frère Thierry Robert et président de la CCIR.
Selon le rapport de la Commission de contrôle des opérations de votes (CCOV) que nous avons consulté, les bureaux ont été « envahis par le public rendant les conditions du dépouillement difficiles ». La présidente de la CCOV, chargée du suivi de sept bureaux de vote, s'est fait insulter « par des gens accrochés aux fenêtres ». Les tensions ont atteint leur paroxysme lors de l'évacuation de l'urne du bureau 23.
Une altercation a éclaté entre Pierrick Robert et la présidente quand « il a cherché à entraver son départ ». L'incident a dégénéré en « bagarre générale », forçant l'intervention de la police municipale et de la gendarmerie. Les forces de l'ordre ont eu recours à « une bombe lacrymogène pour disperser la foule ». Un membre de la CCOV aurait été frappé par le frère de Thierry Robert.
Rien d'étonnant dans cette escalade. Le 7 mars, Thierry Robert avait publié sur Facebook : « Le soir, lorsque vous allez rentrer avec les urnes, il y aura un militant à nous (...) on ne laissera pas aucun véhicule quitter les lieux du bureau de vote, sans qu'il y ait quelqu'un, de notre équipe, dans le véhicule ». Il avait même formalisé ces exigences deux jours plus tard dans un courrier à Bruno Domen, alors maire sortant.
L'avocat de la commune pointe deux violations du Code électoral. L'article 98 prévoit deux ans de prison et 15 000 euros d'amende pour atteinte à l'exercice du droit électoral par « attroupements, clameurs ou démonstrations menaçantes ». L'article 102 sanctionne les « outrages ou violences » envers un bureau de vote jusqu'à un an de prison et 15 000 euros d'amende.
Contacté par nos soins, Pierrick Robert nie toute altercation physique : « Je n'ai porté aucun coup à qui que ce soit. Ce n'est pas mon genre et je n'étais pas là pour me battre ». Il dit avoir simplement voulu rappeler à la présidente qu'elle « ne pouvait pas partir comme ça, toute seule avec l'urne sans escorte ». Le délégué évoque l'arrivée de « gros bras » et se présente comme victime de la situation.


0 commentaire
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier !